Actualité chargée pour la rentrée de la FNSEA

« L’été a été chaud, c’est un euphémisme, autant pour le climat que pour les sujets d’actualité », s’exclame en ouverture de la conférence de rentrée de la structure, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Face à ce contexte difficile, elle prône le dialogue. « Le climat change, changeons ensemble ! », affirme-t-elle, avant de rappeler les conséquences de la sécheresse estivale : des pertes estimées à 80 millions d’euros et près de 14 000 déclarations aux assureurs.

Opposition frontale aux arrêtés anti-pesticides

Les représentants de la FNSEA n’ont pas caché leur agacement face aux arrêtés anti-pesticides, pris par plusieurs maires, et notamment celui de la commune bretonne de Langouët, débouté depuis. « 150 mètres pour une ZNT, c’est un chiffre farfelu. Bonjour la friche ! Vous pensez que les agriculteurs vont entretenir des parcelles pour ne rien produire. Cela va juste entraîner plus de salissement et donc un recours, au final, plus important aux phytosanitaires », se désole Christiane Lambert. Des démarches qui amplifieraient également les tensions sur le sujet, entre le grand public et les agriculteurs. La FNSEA préfère insister sur les chartes riverains actuellement en cours de rédaction, et qui devraient toutes être signées d’ici à la fin de l’année, selon l’engagement du syndicat. 7 le sont déjà. « Dès lors qu’il y a un travail engagé pour élaborer une charte, je ne vois pas pourquoi on devrait parler d’une distance à respecter. Nous voulons protéger les riverains. Des efforts sont engagés pour rendre la pulvérisation de plus en plus précise, avec des jets anti-dérive par exemple », précise Jérôme Despey, le secrétaire général de la FNSEA.

Pour une gestion de l’eau territorialisée et concertée

Autre sujet chaud abordé, celui du stockage de l’eau. Si la présidente de la FNSEA a regretté des résistances historiques, celle-ci a néanmoins souligné l’ambition du syndicat pour la mise en place de « projets territorialisés de gestion de l’eau ». Et d’indiquer vouloir aller dans le sens de la concertation sur cet enjeu. « Nous avons la démarche d’aborder la question de l’eau avec les parties prenantes plus en amont, dès l’élaboration de nos projets. » Christiane Lambert s’est par ailleurs montrée satisfaite des récentes déclarations du ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume.

L’agribashing, toujours au cœur des inquiétudes

Enfin, les représentants de la FNSEA ont redit leur inquiétude face au dénigrement et violences touchant de plus en plus fréquemment les agriculteurs. « En 2017, il y a eu 8 intrusions dans des élevage, 16 en 2018 et 41 en 2019. On ne va pas se laisser dicter la loi de quelques abolitionnistes extrémistes », fustige ainsi Christiane Lambert. À ce sujet, les représentants de la FNSEA devaient rencontrer le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, pour exprimer leur vive inquiétude. Ils ont également rappelé leurs préoccupations au sujet des accords de libre-échange. « Nous avons besoin de garanties », a ainsi plaidé Jérôme Despey.

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