« Améliorer les connaissances sur les substances de base », Patrice André Marchand, Itab

Vinaigre, sucre, bière… peuvent servir à lutter contre les maladies et ravageurs des plantes. Appelées substances de base, ces produits, qui ont initialement un autre usage que celui de pesticides, ont l’avantage de passer outre la procédure administrative de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), par le règlement (CE) n° 1107/2009. Autre atout : ces solutions peuvent être mises au point par les agriculteurs eux-mêmes, pour un moindre coût. Malgré ces bénéfices, elles sont peu utilisées. Le point avec le Dr Patrice André Marchand, responsable du pôle intrants, et expert substances naturelles, à l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab), rencontré lors du Sival, le salon des cultures spécialisées, à Angers, le 17 janvier 2019.

Référence environnement : Combien existe-t-il de substance de base et quelles sont leurs propriétés ?

Patrice André Marchand : Vingt substances de base sont actuellement approuvées. La dernière autorisation, l’huile d’oignon, date de juillet 2018. Parmi elles, nous trouvons la prèle, du chitosane, du sucre, de l’hydroxyde de calcium, la lécithine, du vinaigre, ou encore du fructose… Elles s’utilisent comme insecticide, fongicide, éliciteurs, molluscicides, traitement de semences… Par exemple, le sucre réprime les acides aminés, modifiant la ponte des insectes, et peut avoir un effet sur la stimulation des plantes à plus haute dose. Le vinaigre, proposé par la ville de Paris, est utilisable par toutes les collectivités territoriales pour lutter contre les champignons pathogènes des arbres. Les graines de moutardes s’emploient en traitement de semences sur les céréales. Le petit lait permet de lutter contre les maladies du concombre, voire à terme contre le mildiou de la vigne.

R.E. : Quels sont les freins à l’utilisation de ces substances de base ?

PAM : La méconnaissance avant tout ! Un problème que l’Itab tente de lever. Les tableaux d’usage sont publics et répertoriés sur notre site. En fin d’année 2018, nous avons créé cinq fiches filières pour la viticulture, le maraichage, les grandes cultures, l’arboriculture, l’horticulture, les semences et plants. Nous travaillons sur d’autres secteurs : cultures sous serres, les plantes aromatiques et médicinales, les zones non agricoles aussi appelées Jevi, pour « jardins, espaces végétalisés et infrastructures ». Nous avons également identifié les solutions autorisées en bio avec la mention utilisable agriculture biologique, UAB. Quatre substances sont exclues du champ de l’AB : l’eau oxygénée, le charbon argileux, le chlorure de sodium et le talc.
Autre difficulté, pour l’ensemble des substances de base : elles appartiennent à des catégories diverses telles que l’alimentation, le biocontrôle, les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP), les médicaments… elles sont du coup soumises à des TVA différentes.

R.E. : Quels sont les dossiers en cours ?

PAM : Deux substances sont actuellement étudiées : la farine de blé, pour les traitements de semences et le métabisulfite de potassium, mais dont les propriétés ne sont pas encore connues. Il ne faut surtout pas hésiter à déposer des dossiers pour étoffer la gamme dans toutes les filières ! Tous les acteurs peuvent émettre une proposition, depuis les collectivités aux agriculteurs eux-mêmes.

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