Atmo France mobilisée sur l’enjeu de la réduction des émissions d’ammoniac

Face au manque de données concernant les émissions d'ammoniac dans le secteur agricole, leur mesure n'étant pas réglementée, Atmo France a engagé des travaux pour accompagner les décideurs sur cet enjeu. L'UE a en effet posé des objectifs de réduction d’émissions ambitieux à atteindre. Explications avec Charlotte Lepitre, responsable projets et partenariats chez Atmo France.
Atmo France
Charlotte Lepitre, responsable projets et partenariats chez Atmo France. Crédit : Marion Perrot

Conformément à la directive européenne Nec, la France doit réduire ses émissions d’ammoniac de 13 % pour 2030, par rapport à 2015, dans le secteur agricole. Une mission sur laquelle Atmo France, la structure fédérant les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air, Aasqa, se mobilise. Elle a engagé un travail d’homogénéisation des actions menées en son sein sur le sujet, pour établir une stratégie dédiée. « L’objectif est d’avoir une idée plus précise des moyens financiers fléchés sur le sujet pour assurer une dynamique de travail sur cet enjeu, explique Charlotte Lepitre, responsable projets et partenariats chez Atmo France. Ces travaux sont réalisés par la plupart des Aasqa. »

Guider les politiques publiques

Le projet n’en est qu’à ses premières marches. L’ambition est, avant tout, de continuer à faire monter en puissance le sujet de l’ammoniac au sein d’un réseau déjà fortement mobilisé sur cet enjeu. « Nous surveillons déjà l’ammoniac, mais le sujet est délicat : les objectifs de réductions fixés au niveau européen nécessitent des actions concrètes pour être atteints », souligne Charlotte Lepitre.

Un défi d’autant plus complexe à relever que les données font cruellement défaut. « Nous manquons d’informations, car la mesure de l’ammoniac dans l’air n’est pas réglementée, pose la responsable projets et partenariats chez Atmo France. Il y a un fort besoin de réaliser un état des lieux pour identifier les sources d’émissions, évaluer l’impact des mesures mises en place, afin de guider les décisions politiques et les collectivités, et leur permettre de répondre aux obligations réglementaires. »

Les chambres sont partenaires

Selon Charlotte Lepitre, les sollicitations sur le sujet, auprès des Aasqa, sont de plus en plus fréquentes. « Nous avons nous aussi besoin d’en savoir plus pour accompagner au mieux les personnes se rapprochant de nous. » Pour mener à bien ces travaux, Atmo France s’est rapproché des acteurs agricoles. « Les Aasqa travaillent déjà avec les chambres d’agriculture régionales ou départementales, tout comme Atmo France travaille avec la tête de pont national, Chambres d’agriculture France, glisse Charlotte Lepitre. Nous avons besoin de ce partenariat pour assurer un échange en confiance avec le secteur agricole. » La chargée de projets et partenariats chez Atmo France insiste ainsi sur la nécessité d’adapter les stratégies agricoles aux différents territoires.

Aboutir au soutien de projets stratégiques

Si, pour l’heure, le projet est uniquement porté par les Aasqa, Charlotte Lepitre n’exclut pas l’idée de s’appuyer, à l’avenir, sur des partenariats associant d’autres acteurs, notamment pour des questions budgétaires : « L’objectif est que la stratégie se développe et que les travaux soient plus nombreux et plus poussés. »

À plus long terme, l’ambition de cette stratégie est d’aboutir à la mise en place de mesures, via la mobilisation de financements suffisamment importants pour soutenir des projets pluriannuels et stratégiques. « Nous sommes soumis à un calendrier du fait de la directive Nec, nous avons cette échéance en tête et souhaitons faire notre part, pour faciliter l’atteinte de ces objectifs », conclut Charlotte Lepitre.

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