Biocontrôle en grandes cultures : des stratégies complexes, conclut l'Inra de Versailles-Grignon

Lydie Kerdraon, doctorante à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Versailles-Grignon, travaille sur la détection d’agents de biocontrôle issus des communautés de micro-organismes présentes naturellement sur les résidus de blés et de colzas. Car si ces pailles et tiges laissées sur le sol peuvent être des sources d’inoculum de Zymoseptoria tritici et Leptosphaeria maculans, respectivement responsables de la septoriose du blé et du phoma du colza, certains champignons et bactéries pourraient avoir un effet protecteur.

Pas de substitut miracle aux pesticides

Mais, après quatre années de recherche, aucun agent de biocontrôle agissant seul n’a pu être identifié. Pour les scientifiques, ce résultat montre que les stratégies faisant appel au biocontrôle en systèmes de grandes cultures sont complexes à développer. Il confirme ce que de nombreux spécialistes martèlent : il est difficile d’envisager qu’un agent de biocontrôle puisse être utilisé en tant que substitut miracle à un pesticide.

Favoriser certaines pratiques agricoles

« L’idéal serait donc finalement de favoriser des pratiques agricoles qui préservent, ou au moins évitent de dégrader, l’équilibre qui prévaut dans cette communauté », analysent les chercheurs dans un communiqué daté du 8 octobre. En somme, conserver les micro-organismes néfastes et bénéfiques aux cultures. Ces résultats seront publiés en 2019.

Par ailleurs, l’Inra tente de mettre au point une stratégie générique pour identifier les agents de biocontrôle pour les grandes cultures, s’appuyant sur meilleure connaissance de la communauté microbienne.