Biodiversité, le club Agata avance dans la sélection d’indicateurs pour les filières agro-alimentaires

Les membres du groupe de travail Agata, chapeauté par l’ONG Noé et la Caisse des dépôts (CDC) Biodiversité, se sont retrouvé pour leur troisième atelier le 3 juillet, à Paris. Des représentants de Mondelez, Agri confiance, la filière CRC et Agromousquetaires, membres d’Agata, n’étaient pas seuls. Plusieurs marques et démarches de l’agro-alimentaire intéressées par cette approche sont venues prendre la température (1) avant d’envisager une adhésion.

Le ministère de l’Agriculture, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), Solagro ou encore l’Institut de liaisons et d’études des industries de consommation (Ilec) figuraient aussi parmi les participants. « L’Observatoire nationale de la biodiversité et la cellule nationale d’animation Dephy étaient intéressés mais n’ont pu se libérer », complète Pauline Lavoisy, chargée de mission chez Noé.

Treize indicateurs de biodiversité challengés

Agata a pour vocation de trouver des leviers pour favoriser la prise en compte de la biodiversité dans les filières agro-alimentaires. Cet atelier avait pour but d’échanger sur les indicateurs d’état et de pression sur la biodiversité les plus pertinents. Sur 24 indicateurs existants recensés, le groupe en a sélectionné 13, qui ont vocation à être affinés et adaptés. Très « agro », ces indicateurs pourraient être complétés avec des données plus économiques et d’autres caractérisant l’engagement d’une filière pour la biodiversité.

« L’idée est d’avoir des indicateurs qui parlent aux agriculteurs, à un coût raisonnable, précise Pauline Lavoisy. Au-delà de nos ateliers, nous échangeons avec des associations naturalistes, les chambres d’agriculture et les coopératives. » Le travail de Noé porte également sur la recherche de soutiens techniques et financiers pour le déploiement de ces indicateurs sur le terrain, ainsi que sur l’étude des moyens de les valoriser.

Des fiches techniques prévues à la rentrée

Au cours de la séance, les débats ont porté sur la pertinence de l’Indice de fréquence de traitement (IFT) ou de la balance globale azotée. Les réflexions concernaient la manière d’affiner, voire de remplacer ces indicateurs. Pour certains participants, un indicateur qui crée de l’intérêt auprès des agriculteurs est valable, même s’il est peu précis. « Enterrer des slips en coton quelque temps dans un sol permet d’estimer, via son état de dégradation, le niveau de l’activité d’un sol. Un indice peu scientifique mais visuel, qui génère la curiosité », illustre Sophie Gardette, directrice de l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (APAD), invitée pour l’occasion. « Suite à nos discussions du jour, des fiches techniques doivent être rédigées cet été, afin d’être testées en 2020 », glisse Pauline Lavoisy.

La liste des treize indicateurs retenus et/ou retravaillés par le groupe Agata :

  • Surfaces d’intérêts écologiques (surfaces)
  • Surface d’intérêt écologique (diversité)
  • Travail du sol
  • Couverture du sol
  • Balance globale azotée
  • Diversité domestique spécifique
  • Indice de fréquence de traitement (IFT)
  • Matière organique dans les sols
  • Activité biologique des sols
  • Abondance et diversité des vers de terre
  • Présence d’auxiliaires
  • Présence de pollinisateurs
  • Présence d’oiseaux, de rapaces

(1) Bel, Agriéthique, Axéréal, Barilla, Terravitis, Scamarck (filiale de E.Leclerc)

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