Blé tendre : la production catastrophique de 2016 expliquée par le réchauffement climatique

La France connaît en 2016 une production de blé des plus catastrophiques, avec une baisse des rendements jusqu’à 50 %. Des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), du CNRS et du Centre d’étude atomique (CEA) se sont penchés sur le lien avec le réchauffement climatique, dans une étude publiée le 24 avril 2018. Elle montre que les températures anormalement élevées à la fin de l’automne ont accentué l’effet négatif des précipitations excessives du printemps.

Chaleur de l’automne et pluies de printemps

Les scientifiques ont exploité des données agronomiques et climatiques depuis 1958 à l’échelle du principal bassin de production de blé français, soit 27 départements situés dans les régions Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France, Île-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire.
« Si à l’automne, le nombre de jours entre 0°C et 10 °C diminue de moitié, passant de vingt à dix, et que des précipitations nettement supérieures à la moyenne accompagnent le printemps suivant, la probabilité d’avoir des pertes de rendement sévères, c’est-à-dire supérieures à 10 %, double, pour atteindre 50 % », indique l’Inra dans un communiqué du 24 avril. Des situations qui pourraient devenir de plus en plus fréquentes avec le réchauffement climatique.