Bourgogne, le projet R2D2 mise sur les auxiliaires pour réduire les usages d’insecticides

Terres Inovia annonce le lancement de son programme R2D2, le 10 avril. Concrètement lancé en 2018, le projet s’appelle, de son nom complet : « Restauration de la régulation naturelle et amélioration de la robustesse des cultures sur les plateaux de Bourgogne pour réduire durablement la dépendance aux insecticides. » Il implique, en plus de l’institut technique qui le pilote, plusieurs partenaires (1) et sept agriculteurs de l’Yonne.

Favoriser les auxiliaires

Leur objectif : faire face à des populations d’insectes pour certains résistants aux insecticides (altise, charançons…) sur une zone de quelque mille hectares, allant jusqu’à remettre en question la culture de colza, pourtant importante pour diversifier les rotations. Le recours aux insectes auxiliaires est la solution privilégiée pour y parvenir. Terres Inovia relève que la faune auxiliaire peut présenter un taux de régulation pouvant atteindre jusqu’à 90 %. Un chiffre qui se situe actuellement, sur les plateaux de Bourgogne, à… 5 %.

Ne pas négliger l’aspect économique

R2D2 vise ainsi à créer des conditions plus favorables pour ces auxiliaires. Réduction du recours aux insecticides et au travail du sol, afin de préserver le milieu, augmentation des cultures nectarifères, implantation de 15 ha de bandes enherbées dès 2019… sont autant de leviers listés. Des pratiques centrées sur les auxiliaires, qui intègrent une batterie de pratiques agroécologiques davantage liées aux ravageurs : le décalage des dates de semis du colza et des céréales, et l’association de cultures devront permettre « d’éviter » des ravageurs sur les stades les plus vulnérables des plantes.

Selon le pilote de R2D2 chez Terres Inovia, Nicolas Cerutti, l’aspect technique n’est pas le seul abordé par R2D2 : « La période transitoire pendant laquelle les rendements vont diminuer et les coûts seront plus importants pour les agriculteurs, nécessite la mise en place de mécanismes de financement et d’assurance indispensables. Nous démarchons des assurances, et différents possibles partenaires sur cet aspect. » Le projet R2D2 est financé à 70 % sur fonds Dephy Expé d’Écophyto. Les partenaires prennent en charge le reste, notamment en moyens humains. « Terres Inovia consacre 1,3 ETP au projet, à travers sept spécialistes », précise Nicolas Cerutti.

(1) Arvalis, Inra, la Chambre d’agriculture de l’Yonne et trois organismes stockeurs : l’union des coopératives Seine-Yonne, Dijon Céréales et Soufflet.

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