L’Europe serait prête à réinstaurer des droits d’entrée pour le biodiesel argentin

C’est une décision attendue par tous les acteurs des filières biodiesel en Europe. La Commission européenne serait favorable à la (re)mise en place de droits d’entrée pour le biodisesel argentin en Europe. « Grâce des subventions nationales, le prix du biodiesel argentin défie toute concurrence, au détriment de nos filières européennes. La cour de justice de l’Union européenne reconnait le préjudice, mais ne réagit pas », pestait Arnaud Rousseau, président de la Fop, en marge des Rencontres Olépro, le 29 novembre. Une situation qui serait en passe de changer. Selon un document publié le 3 décembre, la Commission européenne envisage de rétablir les droits compensateurs sur les importations de biodiesel argentin subventionné.

La Fop, soulagée, évoque des « préjudices considérables »
Si cette position se confirme, elle devra être validée par les États membres pour se concrétiser. Le « droit d’entrée » du biodiesel argentin en Europe, revu à la hausse, devrait contribuer à redonner des couleurs aux filières biodiesel européennes. L’effet de ces droits ne seraient toutefois pas rétroactifs. En attente de confirmation officielle, le soulagement est de mise du côté de la Fop. Son responsable des relations extérieures, Thibaut Ledermann, indique à Référence appro : « Cette décision, si elle est validée, nous conforte dans notre action menée depuis plusieurs mois auprès de la Commission pour mettre fin à cette situation. Mais les préjudices, depuis plus d’un an, sont considérables. »

La saga du biodiesel argentin ne date pas d’hier. En 2014, l’UE mettait en place des droits sur leur importation pour contrecarrer le dumping argentin, avant d’être condamnée à les revoir fortement à la baisse par l’OMC en 2017. Nul doute que ce nouvel épisode sera suivi de près par les producteurs européens, déjà inquiets du coup de frein, régulièrement évoqué à Bruxelles, sur les biocarburants de première génération, au profit de biocarburants « avancés ».