CarbonThink souligne le caractère émetteur des exploitations en grandes cultures du Grand Est

À l'occasion de la clôture du programme CarbonThink, le 12 décembre, les bilans carbone d'une petite centaine d'exploitations ont été présentés. Ils soulignent le caractère émetteur de ces fermes en grandes cultures. L'objectif est désormais de les accompagner pour réduire leur empreinte, afin de leur permettre d'accéder à des crédits carbone.
CarbonThink

Accompagner la transition bas carbone des exploitations en grandes cultures du Grand Est : c’est l’objectif du programme CarbonThink, dont les conclusions ont été présentées le 12 décembre à Reims. Ces dernières ont notamment permis de revenir sur les bilans carbone de 88 exploitations, réparties en quatre typologies : grandes cultures avec cultures industrielles (44), grandes cultures à dominante céréales et oléo-protéagineux (30), exploitations alsaciennes à dominante maïs (7), polyculture-élevage (5).

Un bilan carbone moyen de 3,37 tonnes eq CO2/ha/an

La moyenne du bilan net de ces exploitations (émissions de GES (moins) stockage de carbone) est de 3,37 tonnes eq CO2/ha/an. Les exploitations de la région sont donc émettrices, elles relâchent plus de gaz à effet de serre qu’elles n’en stockent. Dans le détail, les fermes cultivant du maïs obtiennent le meilleur score, avec un bilan net de 1,18 teq CO2/ha/an. En effet, si elles sont celles à le plus émettre (4,18 teqCO2/ha/an), elles sont aussi celles stockant le plus de carbone (3,65 teqCO2/ha/an). Les autres filières, elles, déstockent légèrement, entre 0,17 et 0,82 teqCO2/ha/an. A contrario, les exploitations en polyculture-élevage affichent un bilan net de 3,94 teqCO2/ha/an, le plus haut des quatre typologies. « L’échantillon est assez réduit, sur les cinq exploitations en polyculture-élevage, seules deux ou trois ont réussi à mettre en place leur transition, souligne Valentin Mérai consultant chez Agrosolutions. Ces résultats sont donc à prendre avec des pincettes, ce n’est pas parce qu’une exploitation est émettrice qu’elle n’est pas vertueuse. »

Aller vers l’obtention de crédits carbone

Passé ce constat initial, les partenaires du programme CarbonThink ont construit des trajectoires de réduction des émissions de GES et d’amélioration du stockage carbone, pour les différentes typologies d’exploitation. La baisse du bilan net des fermes doit permettre à ces dernières d’accéder à des crédits carbone, dans le cadre du Label bas-carbone. « Même si ces exploitations atteignent les objectifs fixés par les trajectoires, elles resteront néanmoins émettrices, souligne Etienne Lapierre, coordinateur du programme CarbonThink. Les crédits carbone viendront valoriser la baisse de leur bilan net carbone. »

Actuellement, plus de cent fermes en grandes cultures, dans le Grand Est, ont notifié leur intérêt pour s’engager auprès du Label bas-carbone. Elles disposent de six mois pour valider ou non cet intérêt.

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