Climat : les quatre recommandations de l'Iddri pour que l'agriculteur aille plus loin

La trajectoire tendancielle du secteur agricole est, sur le long terme, incompatible avec les objectifs climatiques de la France. Telle est l’une des conclusions de l’évaluation de l’état d’avancement de la transition bas-carbone en France, publiée le 16 octobre par l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).
En agriculture, les émissions ont été réduites de 5,8 % entre 1990 et 2016. Mais ce chiffre est en deçà de la moyenne européenne, soit -20 % sur cette période. L’Iddri explique ce faible score par la réduction de 65 % en 25 ans des surfaces de légumineuses, la perte de 10 % des prairies permanentes en dix ans ou encore la hausse des importations d’oléagineux et de soja à destination de l’alimentation animale.

Légumineuses, prairies et méthanisation

L’Institut livre quatre recommandations :
accroître la part des légumineuses dans la sole cultivée en investissant massivement à l’amont et à l’aval des filières, tout en jouant sur les comportements alimentaires ;
reconnecter les filières animales et végétales en favorisant le redéploiement des filières animales dans les zones de grandes cultures ;
– contribuer au maintien des prairies permanentes ;
– favoriser un développement contrôlé de la méthanisation. Les auteurs précisent ce qui est entendu par « contrôlé ». À savoir : ne pas méthaniser des cultures à vocation alimentaire ou sur-utiliser des résidus de culture qui pourraient être valorisés en alimentation animale ou réincorporés au sol. Mais aussi, ne pas accroître de manière substantielle la taille des exploitations. Enfin l’objectif doit être de générer une énergie qui vienne s’additionner au mix énergétique au lieu de se substituer à des énergie produites à base de carbone fossile.

L’agriculture aura un rôle central

L’Iddri insiste sur le rôle futur de l’agriculture dans la lutte contre le réchauffement climatique : « Il va s’agir non seulement de réduire les émissions, mais plus encore de participer à la captation des émissions résiduelles du secteur agricole et des autres secteurs n’ayant pas atteint la neutralité, et de fournir au reste de l’économie des quantités importantes de biomasse à des fins énergétiques comme de matériaux, afin de contribuer à la substitution d’ensemble du carbone fossile par du carbone renouvelable. »