Climat, Rugy réunit le Comité national de l’eau pour anticiper les problèmes de sécheresse

Le 14 mai 2019, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a réuni la commission de suivi hydrologique du Comité national de l’eau face au risque de sécheresse. Objectif : sensibiliser les usagers de l’eau et les inciter à une gestion économe de la ressource. « Nous pensions que le ministre nous annoncerait des orientations, mais rien. Nous avons juste fait un état des lieux », déplore Florence Denier-Pasquier, vice-présidente de France nature environnement, qui a assisté à la réunion.

Onze départements dans le rouge

La situation actuelle des nappes phréatiques fait craindre une nouvelle année de sécheresse : la moitié des points de surveillance affiche des niveaux bas alors qu’elles bénéficient habituellement de la recharge hivernale en cette période. Onze départements ont déjà pris 23 arrêtés de restriction d’eau. Selon le bilan au 1er mai du Bureau de recherches géologiques et minières, BRGM, les niveaux des nappes se situent autour ou en dessous des moyennes.

Parmi les secteurs les plus en difficulté : le Nord-Est, le Sud Alsace, la Bourgogne, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Berry. « Même la nappe alsacienne, alimentée par le Rhin, montre des signes de faiblesse », s’inquiète Florence Denier-Pasquier. Les pluies d’avril ont amélioré la situation au Nord de l’Alsace et dans l’Est de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur. En revanche, la situation se dégrade en Adour-Garonne et en Bretagne.

Une tendance conjoncturelle qui pourrait devenir la norme

Les perspectives ont de quoi inquiéter. Selon Météo-France, les températures de mai à juillet en France seront probablement supérieures à la normale, et aucune tendance moyenne sur les prévisions de précipitations ne se dégage.

Une tendance conjoncturelle qui pourrait devenir la norme avec l’évolution du climat. « Nous nous orientons vers des hausses des précipitations extrêmes plus fréquentes, avec des risques de crues, et une baisse des épisodes pluvieux, provoquant des risques de sécheresse des sols », ajoute Florence Denier-Pasquier.

Améliorer l’infiltration de l’eau

Pour faire face à cette situation, le Comité national de l’eau a insisté sur l’importance des solutions naturelles : économie d’eau, lutte contre l’imperméabilisation des sols en zones urbaines et agricoles, restauration des zones d’infiltration de l’eau dans les sols et des zones humides. Les aménagements hydrauliques, comme les barrages ou les réserves de substitution, ont été présentés comme une solution, à condition de les penser en respectant le milieu et le débit des cours d’eau.

La problématique se pose désormais aux régions qui devront articuler le dialogue entre les usagers pour mieux gérer la ressource en eau. Un défi, dans un contexte de tension parfois très forte.