Conseil individuel, dynamique de groupes, bio… Le projet stratégique de l’APCA sous le signe de l’agroécologie

Suite aux élections organisées en début d’année, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) a présenté, le 24 juillet, son projet stratégique, jusqu’en 2024. Il s’articule autour de trois grands axes : accompagner l’agriculture dans ses transitions économiques, sociales et environnementales ; créer plus de valeur dans les territoires ; faire dialoguer agriculture et société.

Des groupes d’agriculteurs autour de sujets innovants

Plusieurs actions-phares sont mises en avant. Parmi elles, la constitution d’un groupe d’agriculteurs, par département, sur des thématiques innovantes comme l’agriculture de conservation, le bas carbone, l’agroforesterie, etc. « Dans le cas de l’accompagnement de GIEE, les groupements d’intérêts économique et environnemental, l’initiative venait des agriculteurs, détaille le vice-président de l’APCA, Sébastien Windsor. La dynamique est ici presque inverse. Nous souhaitons créer des initiatives auprès d’exploitants ne se sentant pas forcément prêts, en créant des groupes de recherche autour d’une thématique. » La structure insiste également sur son intention de rencontrer les 160 000 agriculteurs susceptibles de partir à la retraite d’ici à 2026. Et d’accompagner 50 % des agriculteurs bio avant, pendant et après leur conversion. L’agriculture urbaine ou la communication des agriculteurs seront également de nouveaux sujets pour les chambres.

Des audits individuels

L’APCA ambitionne également de proposer à chaque agriculteur, d’ici à 2023, un conseil stratégique sur la base d’un audit individuel. Objectif : « identifier les changements à mettre en place », notamment en termes de transition agroécologique, précise Sébastien Windsor. À ne pas confondre avec celui issu de la séparation du conseil et de la vente, ciblant uniquement la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. « Celui que nous proposons englobe toute la stratégie de l’exploitation. Qu’il s’agisse de créer un nouvel atelier, de diversifier les cultures, d’installer un magasin de vente directe, d’agrandir la ferme, d’embaucher un salarié… L’idée consiste à identifier les changements qui pourraient accroitre le revenu des agriculteurs tout en accompagnant la transition agri-écologique », indique Sébastien Windsor.  Pour ce faire, l’APCA compte réaliser un audit de chaque exploitation. « Le premier diagnostic se veut gratuit, ou presque (10 ou 15 € maximum) pour toucher l’ensemble des agriculteurs. Des conseils, payants, pourront ensuite être diffusés afin d’accompagner les projets plus en profondeur », détaille-t-il. Ce conseil de transition va, dès cette année, être testé dans plusieurs départements pour arriver à son rythme de croisière en 2023. Sébastien Windsor assure que le nombre de conseillers évoluant au sein des chambres d’agriculture devrait être suffisant. Pas de recrutement massif à prévoir. « En revanche, nos conseillers auront besoin d’être formés pour accompagner au mieux les attentes des agriculteurs.

Révolutionner les méthodes de conseil

L’APCA avait déjà annoncé son intention de révolutionner ses méthodes de conseils, lors du congrès annuel de la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, le 22 juin 2018 à Angers. Pour cela, plusieurs méthodes étaient testées en région. « Ces conseils de transition sont dans la lignée de ces premiers tests, que nous avons réalisés dans l’optique d’un déploiement à plus grande échelle. Nous ne voulions pas nous jeter à l’eau sans avoir défini les contours de ce conseil », explique Sébastien Windsor. Les représentants de l’APCA le rappellent : ce projet doit avoir les moyens d’être mis en œuvre. Si « rien n’est encore figé », la baisse de budget annoncée par le gouvernement est loin d’être digérée.

« Ce n’est pas le moment de priver les agriculteurs de l’outil chambres d’agriculture », plaide Claude Cochonneau, président de l’APCA, qui souligne l’importance d’accompagner tous les agriculteurs, surtout les plus modestes, notamment dans la transition des exploitations. Une position partagée par Sébastien Windsor : « Si cette baisse de budget est actée, notre première préoccupation sera de gérer un plan de restructuration. Une énergie que nous ne mettrons pas dans des actions nouvelles. Nous ne serons pas en état de mener ce projet selon le timing attendu par les agriculteurs. »

L.H et A.G.

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