Davantage d'aliments « bio » pour moins de cancer : un lien encore incertain

La parution, le 22 octobre, d’une étude menée par la chercheuse Julia Baudry dans la revue Jama (1), a connu un écho médiatique important. Son objet ? Le lien entre consommation d’aliment bio et risque d’apparition de cancer. Cette étude est le fruit d’un travail de longue haleine mené de 2009-2016, avec un suivi de 70 000 consommateurs volontaires.

Cet échantillon a été divisé en catégories, en fonction de la quantité de produits bio dans l’alimentation : de « gros consommateurs » (50 % et plus d’aliments labellisés), à consommateurs « occasionnels », voire « non-consommateurs ». Résultat : sur sept ans, 25 % d’apparitions de cancer en moins pour le groupe le plus consommateur de bio par rapport au groupe le moins consommateur.

Pas de conclusion définitive à ce stade

Si de nombreux titres ont interprété ce résultat comme une causalité établie, l’une des co-auteures de l’étude reconnait que « d’autres études doivent être menées pour préciser le lien de cause à effet. » Par ailleurs, un autre article publié le même jour dans Jama évoque l’étude de Julia Baudry comme un travail conséquent mais précise que la méthodologie est insuffisante pour établir un lien entre consommation de produits bios et cancer. Est notamment pointé le fait que les volontaires suivis auto-évaluaient leur consommation de bio, exercice jugé « notoirement difficile » et sujet à différents biais comportementaux.

Ce second article insiste en revanche sur le fait qu’il existe des preuves « convaincantes » que d’autres facteurs peuvent réduire le risque de cancer, tels que le poids corporel, l’activité physique et la qualité de l’alimentation. Et de conclure que « les préoccupations liées aux pesticides ne doivent pas décourager la consommation de fruits et légumes », qu’ils soient bio ou conventionnels, car ceux-ci entrent précisément dans le cadre d’une alimentation saine.
(1) Journal of the american medical association (Jama)