Désherbavenir, des pratiques en test contre les mauvaises herbes sur betterave

Désherb’Avenir, l’évènement de plein champ présentant les stratégies alternatives au désherbage chimique pour la betterave, organisé par l’Institut technique de la betterave (ITB), s’est tenu les 15 et 16 mai 2019 dans les Hauts-de-France. Quelques 1 600 personnes se sont déplacées, dont environ 1 400 agriculteurs. Pour la première fois, la Chambre d’agriculture de la Somme était partenaire de l’évènement.

Réduire l’IFT

« Le désherbage mécanique de la betterave se développe, tous les agriculteurs ont une bineuse, explique Ghislain Malatesta, responsable expérimentation et actions régionales à l’ITB. Mais il est dépendant de l’année : nous pouvons passer de 20 à 100 % de désherbage mécanique selon les conditions. » Les betteraviers réalisent en moyenne quatre à cinq passages de désherbants. « Notre message principal est de combiner le chimique au mécanique pour réduire les indices de fréquence de traitement », poursuit-il.

Faciliter le désherbage mécanique

Pour aider les agriculteurs à sauter le pas, l’ITB expérimente plusieurs techniques. L’une d’entre elle consiste à semer en carré en augmentant l’espace entre les plants, afin de permettre le passage de la bineuse dans les deux sens. L’Institut a testé une distance de 45×45 cm. Les résultats sont encourageants. « Nous ne perdons pas de rendement : les plantes ont davantage d’espace pour pousser, l’eau s’infiltre mieux pour une meilleure efficience en période estivale, la pression maladie est réduite grâce à l’aération entre plantes, indique le responsable expérimentation. C’est une technique qu’utilisent les agriculteurs en bio. Toutefois, elle nécessite un semoir de haute précision. » Autre solution : repiquer les plants au stade 4-6 feuilles. « Ce qui permet de désherber mécaniquement dix jours après l’implantation, contre 30 jours en cas de semis. »

La preuve par le terrain

La force du salon est la démonstration. « Nous voulions également montrer qu’il est possible de désherber tôt mécaniquement, dès le stade 4 feuilles, explique Ghislain Malatesta. Ce qui va à l’encontre des idées reçues. Avec Désherb’Avenir, les agriculteurs voient que c’est possible. »

Cette année, six autres cultures ont été implantées pour montrer la polyvalence des matériels : orge, pois de conserve, lin, pomme de terre, colza, tournesol.