Édition du génome : l'Inra clarifie sa position

Les technologies d’édition du génome, ou les new plant breeding techniques (NPBT), à l’instar de la technologie CRISPR cas9, suscitent la polémique. Dans un communiqué du 9 novembre, la direction de l’Institut national de la recherche agronomique, Inra, a souhaité clarifier sa position en la matière. Elle publie six principes qui revendiquent le fort intérêt pour la recherche et la création variétale de ces techniques, tout en entourant de sécurité leur utilisation.

L’Inra explique ainsi qu’elle va maintenir une capacité d’expertise pour analyser les bénéfices et les risques des NPBT. « Il serait inconséquent de laisser cette responsabilité aux seuls acteurs publics et privés étrangers et de démunir la France d’une capacité d’expertise », insiste l’Inra. L’institut estime que ces technologies sont indispensables à l’acquisition de connaissances : elles permettent d’explorer la variabilité génétique et d’étudier la fonction, la régulation et l’évolution des gènes.

Des outils pour des systèmes de production plus durables

L’Inra évaluera l’apport de ces technologies dans la création variétale. Mais les caractères et les espèces choisies le seront pour des systèmes de production durables, par exemple pour réduire l’usage des pesticides ou pour l’adaptation au changement climatique, mentionne l’Inra. Les expérimentations seront conduites en milieu confiné. Les essais au champ devront être approuvés par un comité d’experts dont la composition sera définie après avis du Conseil scientifique de l’Inra. Lequel privilégiera les projets avec différents acteurs et plusieurs disciplines.

Soutenir le COV et non le brevet

Enfin, l’Inra rappelle qu’il soutient le Certificat d’obtention végétale (COV), et non la brevetabilité des plantes issues de l’édition du génome, et qu’il reconnait le droit des agriculteurs à produire et utiliser des semences de ferme.

La Cour de Justice de l’Union européenne a rendu un arrêt le 25 Juillet 2018, indiquant que tous les organismes obtenus par mutagenèse sont des OGM et que seuls ceux issus de techniques traditionnelles de mutagenèse développées avant l’adoption de la directive n° 2001/18 sur les OGM sont exclus de son champ d’application. Les variétés dont le génome est modifié par les technologies d’édition du génome sont donc soumises aux procédures d’évaluation des risques, d’autorisation, de traçabilité et d’étiquetage des OGM, même si les modifications ne se traduisent pas par l’introduction d’un fragment d’ADN exogène.

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