États généraux de l’alimentation : un plan de sortie des phytos pour la mi-2018

Le ministre de l’Agriculture l’a annoncé lors de son discours de clôture des États généraux de l’alimentation le 21 décembre : le Premier ministre en a dit plus lors de son allocution quelques heures plus tard. Conformément à la ligne fixée par le Président de la République, « un plan de sortie des produits phytosanitaires est en préparation », et attendu pour la mi-2018. « Il sera construit sur la base d’études et de rapports connus, dont celui de l’Inra sur le glyphosate, citait en exemple Stéphane Travert. Le projet de plan fera l’objet d’une concertation avec l’ensemble des parties prenantes au mois de janvier. Nous souhaitons, collectivement, être ambitieux sur le sujet, ce qui suppose de surmonter les différences d’approche pour définir des objectifs communs et construire une trajectoire partagée. »
Et Édouard Philippe d’ajouter, « nous voulons agir à la fois au niveau européen et national pour relever trois défis : exclure et substituer les molécules et les produits les plus dangereux ; renforcer les actions de recherche et évaluer les substances dont l’exclusion ou la substitution ne sont pas prévues ; et enfin, aider les filières agricoles à développer des alternatives ». Concernant le glyphosate, il a rappelé l’objectif de la France d’en sortir d’ici à 3 ans. Comment ? « Nous mobiliserons les leviers de la recherche et du développement dans le domaine agricole, a-t-il précisé. Je suis absolument convaincu de la mobilisation des agriculteurs. Je sais qu’il existe des exemples de bonnes pratiques, et des propositions pour aller dans ce sens, en prenant appui sur les engagements volontaires ». Il a par ailleurs ajouté que le Gouvernement souhaite modifier « la redevance pour pollutions diffuses pour tenir compte de la dangerosité des produits et financer l’accompagnement des agriculteurs et des actions évoquées dans le cadre du programme Écophyto ».
Si l’enjeu est ambitieux, le syndicat agricole majoritaire se dit satisfait de ces engagements. « Nous étions inquiets sur le volet phytosanitaire. Or, le Premier ministre a fait preuve de pragmatisme, confie Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA. Il estime qu’il faut réduire l’usage mais dans un cadre européen pour éviter les risques de distorsion de concurrence. »