Ferme France livre une première version de son référentiel de notation sociétale, autour de six enjeux

Partant du constat d’une pression sociétale croissante, de l’érosion de la confiance du consommateur, et d’un manque criant de lisibilité des initiatives des acteurs économiques pour y répondre, l’association Ferme France veut apporter une solution. Celle de donner une note sociétale aux produits alimentaires. Annoncée il y a un an au Salon de l’agriculture, lors du lancement de l’association, cette ambition est en voie de réalisation. C’est en tout cas le message qu’ont fait passer les représentants de la structure, le 5 février, lors d’un point d’étape sur l’avancé de ces travaux.

Six grands enjeux

La première version du référentiel, permettant de calculer ces notes, est composé de 185 catégories d’actions, réparties en six enjeux : environnement, nutrition et santé humaine, bien-être animal et conditions de travail, traçabilité, équité et contribution à l’économie française, intérêt général. Les entreprises sont invitées à se donner une note entre 0 et 4 pour chaque critère. Un travail qui sera ensuite vérifié via un audit indépendant. « La révolution la plus importante de ce projet, est celle d’arrêter d’être juge et parti, et d’accepter, pour les adhérents, de se placer en position de soumission à ce référentiel, que nous avons construit ensemble », précise François Attali, président de l’association.

N’y-a-t-il cependant pas le risque que seuls les produits bien notés soient valorisés ?« Il est probable qu’au début, les mauvaises notes ne soient pas mises. Mais, comme cela a été le cas avec l’étiquette énergie dans l’électroménager, une mauvaise note inspirera moins de méfiance qu’une absence de note », assure le président de l’association. Ferme France va désormais travailler à passer d’un référentiel d’action à un référentiel de valeur, via la hiérarchisation des critères. Afin de mener à bien cette tâche, une consultation citoyenne sera lancée au Salon de l’agriculture 2019. La structure réfléchit aussi à constituer des jurys citoyens, mais pas avant 2020.

14 nouvelles adhésions

Les vingt premiers produits notés seront présentés lors de l’édition 2019 du Salon de l’agriculture. Il s’agit de références de jambon de porc, de poulet, de pain et de lait. Ils feront leur apparition dans les rayons d’ici à la fin de l’année. « C’était un rêve, une utopie il y a deux ans. Aujourd’hui nous sommes sûrs de pouvoir passer du côté de la réalité », se réjouit François Attali. Son souhait : qu’à l’avenir, le prix et la note sociétale soit les deux facteurs, équivalent, de choix dans les rayons.

Avec 14 nouvelles adhésion, l’association compte désormais 33 adhérents, du secteur de la distribution, de coopératives, de start-up et d’ONG. L’arrivée d’Intermarché, en tant que membre fondateur, porte à 57 % les parts de marché du secteur de la grande distribution, représentées au sein de l’association. Auchan, Carrefour et Système U sont déjà adhérents. Reste maintenant à ce que le projet soit bien reçu par les citoyens. « Le consommateur ne va pas tout comprendre de suite, nous allons travailler pour que la note sociétale devienne une évidence. C’est un projet qui va se construire sur les dix prochaines années », conclut le président de l’association.

 

 

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