Filière biométhane : la dynamique européenne vers un point d'inflexion

Le thinktank France Biométhane a publié, le 25 septembre 2018, son tour d’horizon des filières européennes. Le document fait état d’une progression globale sur les onze pays suivis*, avec une augmentation de 10 % du nombre d’unités en 2017, soit 49 projets sortis de terre sur l’année, pour arriver à un total de 549. France Biométhane estime que la dynamique reste « importante », même si ce chiffre se situe en dessous de celui de 2016 (+16 % par rapport à 2015) et semble présager d’une « légère inflexion. »
Motif d’optimisme, malgré tout : l’augmentation rapide du nombre de pays développant sa propre filière. La Hongrie, l’Espagne, la Belgique ou le Luxembourg sont cités comme des nouveaux contributeurs pour les années à venir.

France : beaucoup d’unités, peu de débit

Comment la France se situe-t-elle dans ce panorama ? « Notre observatoire montre que la France prend une trajectoire propre », analyse Cédric de Saint-Jouan, président de France Biomethane. Avec 18 unités en 2017, elle représente plus d’un tiers des nouvelles centrales sur cette année. La capacité des centrales de biométhane françaises se situe toutefois très en dessous de la moyenne européenne, avec 340 Nm3/h contre 937 Nm3/h de biogaz traité par installation. « Un constat qui s’explique par les nombreuses contraintes réglementaires et législatives qui persistent », juge Cédric de Saint Jouan.
Les déchets agricoles contribuent à 43 % de l’approvisionnement des 44 unités françaises. Toutes sont raccordées au réseau. Ces 44 installations représentent 6 % des 592 unités de production de biogaz des onze pays.
* France, Italie, Royaume-Uni, Pays-Bas, Autriche, Suisse, Allemagne, Danemark, Suède, Finlande, Norvège