FNSEA : oser une agriculture décomplexée

Lors des vœux à la presse le 9 janvier, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a salué la volonté politique de sortir d’une guerre des prix et le travail constructif des États généraux de l’alimentation. Elle a rappelé le positionnement des agriculteurs : répondre à tous les marchés. Les actions portent sur la montée en gamme des produits conventionnels, le développement du bio, des circuits courts, l’utilisation des outils en préparation pour reconstruire les prix de vente à la production, la promotion du savoir-faire à la française, l’ouverture des fermes, l’éducation alimentaire, la lutte contre le gaspillage
Le changement concerne aussi les pratiques agricoles. Il se construit « en osant une agriculture décomplexée », a relevé la présidente de la FNSEA. Une agriculture high tech. Une charte d’utilisation des données va d’ailleurs être proposée afin de protéger la propriété des données collectées sur les fermes. Les réflexions sur la mutation du monde agricole sont discutées dans un « Lab » agriculture et société lancé fin 2017. Il réunit des sociologues, philosophes, chercheurs, experts en Responsabilité sociale et environnementale (RSE), et autres représentants de la société.
Les « contrats de solutions » pour la protection des cultures signés mi-novembre par une trentaine d’organisations agricoles dont la FNSEA sont un exemple d’engagements pris, à conditions de respecter les contraintes liées aux cultures et au progrès scientifique. « Les agriculteurs sont déjà à l’œuvre avec la montée en puissance du biocontrôle, la formation, les rotations… Le zéro phyto sous serre, c’est possible, mais en plein champ, c’est difficile. Nous ne sommes pas des accrocs aux pesticides et nous sommes en attente de solutions techniques. Nous demandons du temps. » Christiane Lambert a d’ailleurs souligné la prise de position du Premier ministre, Édouard Philippe, qui soutient le pragmatisme. « La limitation et l’encadrement plutôt que l’élimination. »