Iddri, le scénario Tyfa approfondit la thématique climatique en Europe

L’Institut du développement durable et des relations Internationales (Iddri) a publié, courant avril 2019, une variante au scenario Tyfa. Acronyme de Ten Years for Agroecology in Europe, partant du principe que les dix prochaines années seront cruciales pour enclencher la transition, cette étude présentée en septembre 2018 se projetait sur une Europe agroécologique à horizon 2050. Cette nouvelle publication s’intitule « Agroécologie et neutralité carbone en Europe à l’horizon 2050 : quels enjeux ? », ou Tyfa-GES.

Une réduction des émissions de 47 %

Sans remettre en cause les principes de base du scénario, les chercheurs de l’Iddri ont modifié certains paramètres, comme la réduction du cheptel bovin, poussé jusqu’à -34 %, contre -15 % dans le scénario Tyfa. Dans le cas du Tyfa-GES, la méthanisation s’appuie sur 18 % de la biomasse des prairies, et 50 % des déjections animales. Dans une tribune publiée par Reporterre, l’un des auteurs de ce scénario, Pierre-Marie Aubert précise : « On peut parler de méthanisation contrôlée, pour tenir compte des impacts négatifs, possiblement importants, d’un développement trop fort de la méthanisation : sur la qualité des sols et des eaux d’une part, via notamment l’épandage des digestats, et sur la diversité des systèmes de culture d’autre part. » Résultat ? Les réductions d’émissions de Tyfa-GES atteignent -47 % par rapport à 2010, pour un potentiel de séquestration similaire à Tyfa, et la production de bioénergie s’élève à 189 TWh/an.

Cesser de hiérarchiser climat et biodiversité

Au-delà de ces chiffre, Pierre-Marie Aubert insiste surtout sur la nécessité « d’arrêter de hiérarchiser l’enjeu climat et l’enjeu biodiversité ». Il estime que de nombreux scenarios prospectifs mettent en avant le premier, indirectement au détriment du second : « Les couplages entre modèles climatiques et modèles de biodiversité en sont encore à leurs débuts et les impacts sur la vie et la structure des sols sont difficilement appréhendables […] Mais ne pas s’y essayer induit une hiérarchie implicite, qui fait de facto de l’enjeu climatique la priorité par rapport aux autres. »