Escargots dans les vignes, agir vite, dès la sortie d’hiver

De Sangosse - Mercredi 17 février

Attention au réveil des escargots en février, compte tenu des conditions climatiques particulièrement favorables de l’automne 2020 ! Leur maîtrise nécessite une véritable stratégie de protection qui commence par leur observation précoce avant qu’ils n’ingurgitent les bourgeons des vignes ! Et pour les éliminer, la réponse se trouve notamment avec la solution de biocontrôle Ironmax Pro. Le point avec Pierre Olçomendy et Marion Puysservert de De Sangosse.

Les vignes enherbées, c’est bon pour le sol et la biodiversité… et les escargots ! Lentement et sûrement, ils prennent leurs quartiers d’hiver dans les vignobles, pour être dans les starting blocks dès la sortie d’hiver. Leur cible ? Les bourgeons tout juste formés et tendres à souhait. Sans surprises, les conséquences économiques peuvent être considérables : une perte de rendement jusqu’à la non récolte dans le pire des cas et un affaiblissement de la vigne sur plusieurs cycles avec des ports buissonnants. Le déploiement de ces gastéropodes a aussi été accéléré par la succession d’hivers doux ces cinq dernières années. Les escargots montent sur les ceps dès le réchauffement des températures et l’augmentation de la photopériode, surtout si le printemps est humide. Avec une capacité de reproduction et de pullulation impressionnante, entre 80 et 100 œufs par ponte en milieu naturel, à raison de plusieurs pontes par an en fonction des espèces, le nombre de bouches à nourrir est considérable ! Autant dire qu’il vaut mieux sortir les antennes pour les détecter ! « À la différence des limaces, les escargots s’installent durablement dans les parcelles, témoigne Pierre Olçomendy, chef marché appâts De Sangosse. Plusieurs années sont ensuite nécessaires pour s’en débarrasser, mieux vaut agir vite et tôt dès les premières sorties. La réponse se retrouve dans l’observation en les piégeant afin de quantifier le niveau de la population. »

Observation des escargots dès leur réveil en février

Le piégeage se pratique dès fin janvier après la phase d’hibernation dans le sol et se poursuit jusqu’en juin, selon la méthode CIBLAGE, développée par De Sangosse sur les vignobles des Charentes, du Val-de-Loire, du Sud-Ouest et du Languedoc-Roussillon. Une centaine de viticulteurs participent à l’opération. « Nous fournissons à ces viticulteurs volontaires, quatre pièges par parcelle jugée sensible, à positionner au centre et en bordure, complète Pierre Olçomendy. D’une semaine à l’autre, ils relèvent le nombre d’escargots capturés et ceux aperçus sur les ceps. Les données sont analysées et consultables sur le site www.ciblage-antilimaces.fr ». 

Cette année, les viticulteurs partenaires du Languedoc ont mis en place leurs pièges fin janvier afin de débuter les comptages dès le 2 février. Sur les autres zones, les relevés ont commencé une semaine plus tard. Les premiers résultats montrent déjà une reprise d’activité dans certaines parcelles du Languedoc et du Sud-Ouest. En effet, même si le mois de janvier a été plutôt froid, le retour d’un temps doux et humide début février est très favorable au réveil des escargots. La vigilance sera de mise cette année, compte tenu des conditions particulièrement favorables de cet automne. Les alertes sont consultables par tous les abonnés à l’Observatoire

La période de sensibilité maximale se situe autour du débourrement car les escargots peuvent alors grimper sur les ceps et dévorer les bourgeons.

Seuil de nuisibilité dépassé ? Place à l’action

Quels sont les critères à prendre ensuite en compte pour intervenir à la faveur des relevés des viticulteurs partagés sur le site ciblage-antilimaces.fr ? « Si le nombre d’escargots dépassent le seuil de 5 individus/m2 ou si l’activité se confirme sur deux semaines d’affilée, mieux vaut intervenir, complète Marion Puysservert, responsable technique anti-limaces De Sangosse. Ces seuils d’intervention ont été établis grâce au suivi des populations que nous pratiquons depuis 2008 dans le cadre de notre Observatoire certifié ISO 9001 » Ce suivi a aussi permis de mieux connaître la biologie des deux espèces observées : Helix Aspersa apparaît plus nuisible que Theba pisana.  Cette dernière montre toutefois une meilleure résistance à la sécheresse. Quoi qu’il en soit, la lutte contre les deux reste indispensable.

Nicolas Boursier, responsable technique Soufflet (17)

“Sur le vignoble de Cognac, la problématique escargots concerne depuis 4 ans un hectare sur deux à la faveur de printemps doux et humides qui se sont succédés avec souvent des populations de dix à quinze escargots par cep. Pour gérer ce risque, nous conseillons aux viticulteurs d’utiliser le programme CIBLAGE. Il permet de suivre, grâce à l’observatoire DE SANGOSSE et au travail des piégeurs de notre zone, la dynamique des populations d’escargots. Cet outil détermine avec précision la période idéale, en sortie d’hiver, pour positionner le bon produit au bon moment avant que les escargots ne montent sur les ceps et génèrent des dégâts. “

Deux solutions sont à appliquer au sol, l’une conventionnelle METAREX DUO® et l’autre de biocontrôle  IRONMAX PRO®. Ce dernier est composé de phosphate ferrique IP MAX récemment homologué et utilisable en viticulture biologique. Sa particularité ? Comme METAREX DUO il bénéficie de la technologie Colzactif. « Cette recette mise au point par De Sangosse à partir d’huile de colza permet d’obtenir un appât de qualité sous forme de granulé, très attractif, résistant à la pluie, et surtout très apprécié des escargots », ajoute Marion Puysservert. Les granulés doivent être appliqués au sol de façon homogène et préservés, d’où le choix d’un matériel adapté pour bien les épandre. De Sangosse accompagnent les distributeurs et les viticulteurs sur le terrain pour un emploi efficace.

L’essentiel pour protéger les vignes contre les attaques d’escargots

L’observatoire CIBLAGE escargots mis en œuvre par De Sangosse pour surveiller les populations est actif en vigne de janvier à fin mai.

  • Theba pisana et Helix Aspersa sont les deux escargots observés dans les vignes. Helix Aspersa est communément appelé « petit gris » du fait de sa coquille brun pâle souvent tachetée, parfois ornementée de bandes sombres. Theba pisana possède sur sa coquille des rayures dans le sens des spires, brunes ou rosées 
  • La surveillance des complants protégés par des manchons est recommandée car les escargots y trouvent refuge.
  •  Des poules et canards lâchés dans les vignes sont très efficaces pour lutter contre les escargots.
  • Pour détruire les couverts végétaux où peuvent se réfugier les escargots, préférer la destruction mécanique.
mentions legales phytosanitaires