Les adjuvants, une solution aux réductions de dose réglementaire de glyphosate

De Sangosse - Jeudi 15 juillet

Déjà utilisés pour leur propriété antidérive, les adjuvants accroissent la quantité de substance active qui pénètre dans la plante. Cette caractéristique est à prendre en compte dès l’entrée en vigueur des restrictions de dose de glyphosate en 2022. Ils apportent plus d’efficacité à l’herbicide. Le point sur les nouvelles règles d’application du glyphosate et sur celles à suivre jusqu’à cet automne avec Frédéric Pagès, chef marché adjuvant chez De Sangosse.

inter rang d'un verger en herbe

Ce printemps, la plupart des produits composés de glyphosate ont été réhomologués par l’Anses avec une réduction de la dose et une modification des caractéristiques d’emploi selon les évolutions réglementaires actées en 2020. Les sociétés détentrices ont six mois pour réétiqueter les emballages à compter de l’obtention de la nouvelle AMM. Pendant cette période, ce sont les mentions portées sur les anciennes étiquettes qui prévalent. Cette période de transition permet aussi aux agriculteurs d’écouler les conditionnements.

En 2022, baisse des doses de glyphosate jusqu’à 60 %

Globalement, en 2021, et notamment pour la préparation des semis d’octobre, les principales utilisations de glyphosate pourront se réaliser sans modification des doses et usages. Mais, dès 2022, les restrictions réglementaires de dose de glyphosate en grandes cultures, vigne et arboriculture, rendront plus complexe le désherbage. Dans les situations avec une flore difficile à maîtriser, comme les bisannuelles et vivaces, des impasses sont à craindre en raison de la baisse d’efficacité de la molécule avec un grammage à l’hectare réduit de 60 %. Les adjuvants redonnent plus de possibilité pour maîtriser les adventices tout en réduisant les pertes dans l’environnement. La molécule de glyphosate seule traverse difficilement la cuticule des plantes. L’ajout d’un coformulant devient alors nécessaire pour que la molécule puisse agir de façon systémique dans la plante. Toutefois, le ratio substance active et coformulant est souvent insuffisant dans les préparations. L’adjuvant facilite alors la pénétration du glyphosate en plus forte quantité. S’il est homologué antidérive comme c’est le cas du LI 700® Star ou de l’Astuss®, il répond en plus aux obligations de la réglementation de 2004, laquelle impose systématiquement l’emploi d’un dispositif limitant la dérive à chaque usage de glyphosate.

Comment améliorer l’efficacité du glyphosate à 1080 g/ha/an en grandes cultures ?

En grandes cultures, les agriculteurs qui travaillent en agriculture de conservation ne sont pas concernés par les restrictions d’usage du glyphosate. Dans les autres situations, la dose passe de 2880 g à 1080 g par an et par hectare avec une seule application par an. Le produit est interdit sur toutes les parcelles labourées à l’exception des cultures de printemps installées après un labour d’été ou de début d’automne en sols hydromorphes. « Comme le dosage est limité à 1080 g, le fait d’ajouter un adjuvant de façon extemporanée permet d’aller chercher de l’efficacité sur des adventices qui auraient besoin d’être traitées à une dose autour de  1500g/ha, explique Frédéric Pagès, chef marché adjuvants chez de Sangosse. Toutefois, on ne pourra pas régler un problème de liserons car il faudrait monter la dose à 3000 gr/ha. Globalement, en adjuvantant son glyphosate, le désherbage peut gagner en performance. »

En viticulture, application du glyphosate ciblée sur l’inter-rang

En viticulture, là où le désherbage mécanique est impossible, la dose de glyphosate reste à 2500 gr/ha et par an. En revanche pour toutes les autres parcelles, la règle repose sur l’interdiction de désherber en plein. Le désherbage sous le rang s’effectue avec une dose de 450 g/ha. Initialement prévue à 20 % de la surface, cette restriction a été abandonnée car difficilement applicable aux vignes étroites. « Le désherbage de la vigne localisé sous le rang à ces doses-là permettra une bonne gestion des adventices. Cependant, sur des vignes larges désherbées sur 35 à 40 % de la surface, la gestion d’adventices plus difficiles à détruire telles que le géranium ou le plantain peut s’avérer délicate, » précise Frédéric Pagès.
En arboriculture, le glyphosate reste autorisé à 2160 g/ha/an lorsque les machines ne peuvent pas passer dans les parcelles pour des raisons de topographie. Il est interdit pour les vergers dont les fruits récoltés sont tombés au sol comme les pruneaux, fruits à coques…

Pour les autres parcelles, la restriction de la dose annuelle maximale autorisée passe de 2160 à 900 g de glyphosate par hectare/an. Les applications sont limitées à 40 % de la surface de la parcelle, soit une réduction de 60 % par rapport à la dose maximale encore applicable cet été. 

Les bénéfices des adjuvants Li700® Star ou Astuss® en mélange avec le glyphosate

  1. Homologués antidérive, ils permettent la mise en conformité avec la réglementation 2004
  2. Grâce à leur pouvoir pénétrant, ils compensent en partie la baisse de dose à l’hectare en grandes cultures comme en cultures spécialisées.