N’oubliez pas le soufre

Pour la fertilisation des céréales en sortie hiver, l’azote et le phosphore ne suffisent pas : il ne faut pas oublier le soufre.

Une dynamique proche de celle de l’azote

Tout comme l’azote, la majeure partie du soufre total des sols se trouve sous des formes organiques non directement utilisables par les plantes. Sous conditions de températures, d’humidité, d’aération et par l’intervention des micro-organismes, le soufre sous forme organique est minéralisé permettant son passage sous la forme sulfate, forme assimilable par les plantes. Dans le sol, le soufre sous forme sulfate est encore plus sensible que les nitrates au lessivage pendant l’hiver. S’il pleut beaucoup, la lixiviation du soufre sera importante et avec elle, le risque de carence.

Quels sont les besoins ?

Les besoins en soufre des céréales sont modérés. Les céréales absorbent entre 50 à 70 kg SO3/ha (SO3 est le mode officiel de comptabilisation du soufre). Le besoin en soufre du blé se situe aux alentours de 0,55 kg SO3/qtl. Une carence en soufre à la reprise de végétation peut pénaliser le nombre d’épis au m2 et le nombre de grains par épi entraînant une perte potentielle de rendement jusqu’à 10 à 15 qx/ha. Un manque de soufre pénalise le rendement mais peut aussi pénaliser le taux de protéines car son apport améliore l’efficacité de l’azote.

Quand ?

Les besoins des céréales sont à couvrir juste avant la montaison (stade épis 1 cm) avant que les besoins n’explosent afin d’éviter notamment la régression de talles. Une culture qui ne souffre pas de carence, ni au soufre, ni à un autre élément, aura un rapport C / N plus équilibré, et sera donc moins sensible aux attaques d’oïdium notamment.

Quels facteurs en jeu ?

Les carences en soufre sont plus fréquentes depuis dix à quinze ans depuis la diminution des retombées atmosphériques de dioxyde de soufre. Pour répondre aux exigences environnementales, les industries ont éliminé progressivement ces rejets. Il faut donc en quelque sorte compenser cette réduction des ressources. Pour bien raisonner les apports à faire, il faut évaluer les besoins en soufre, qui varient selon plusieurs paramètres: 

  • le type de sol,
  • le précédent,
  • la fréquence des apports de matière organique,
  • la pluviométrie hivernale.

Identifier une carence en soufre

En cas de carence en soufre, ce sont les jeunes feuilles qui en pâtissent : les dernières feuilles sorties sont jaunes. A l’inverse en cas de carence en azote, ce sont les feuilles les plus veilles qui sont jaunes.

Essai Inrae France 2019

Cet essai a été conduit en 2019 sur blé tendre par l’INRA à Thiverval-Grignon (78). Les apports ont été: Ammonitrate 33,5 N, MYNITRAS® 27 N + 9SO3, MYNITRAS® 26 N +13SO3. Comme les céréales ont une dynamique d’absorption du soufre proche de celle de l’azote, l’apport de soufre doit être réalisé en même temps que l’apport d’azote nitrique. L’impasse d’apport soufré peut conduire à des significatives de rendement en céréales. La synergie N/S à travers l’apport combiné des deux éléments grâce à nos engrais MYNITRAS® montre un gain de rendement moyen de +20 qx/ha.

essais inrae avec Minitras de Borealis
mentions legales phytosanitaires