InVivo : digital, communication et coopération pour relever les défis agricoles

À l’occasion de son congrès annuel à Paris le 19 décembre, InVivo a défini le cap pour le groupe coopératif à l’horizon 2030 : celui de la troisième voie de l’agriculture. « Une agriculture ni bio, ni conventionnelle au sens où on l’entendait dans les années 80, mais positive et innovante », insistait la veille en conférence de presse Laurent Martel, directeur de Bioline. Cette branche d’InVivo est dédiée au développement de solutions pour l’agriculture : semences, biocontrôle, protection des cultures, numérique. La volonté du groupe : développer des solutions globales pour l’agriculteur, notamment par le biais de l’agriculture de précision et le digital.

Renforcer le numérique dans l’agriculture

Pour accélérer sa transition digitale, InVivo a créé la Digital Factory, une équipe dédiée au développement de projets autour du digital, aussi bien en interne qu’en externe. InVivo s’est aussi entouré de Microsoft France par le biais d’un partenariat. « Chez Microsoft, nous avons identifié l’agriculture comme l’un des cinq secteurs industriels qui seront profondément changés par l’intelligence artificielle », estime Carlo Purassanta, président de Microsoft France. Avant de poursuivre : « La France peut devenir le numéro 1 au monde en matière d’intelligence artificielle, notamment en agriculture et en alimentation. »

Accompagner les investissement publics et privés dans l’agriculture

Cette transformation répond à un objectif urgent : celui de produire plus et mieux afin d’inverser la tendance actuelle concernant le changement climatique. Catherine Geslain-Lanéelle, candidate à la présidence de la FAO, insiste sur le fait que la France avait déjà commencé à transformer ses systèmes agricoles et alimentaires dans ce sens, « mais il faut aller plus vite ». Selon elle, trois leviers sont à activer pour accélérer cette transition.
Le premier : encourager et accompagner les investissement publics et privés dans ce domaine. Autre action à mettre en œuvre, celle de la valorisation des succès pour pouvoir les massifier. « Il faut développer la certification pour valoriser ce qui se fait déjà bien », estime-t-elle. Catherine Geslain-Lanéelle préconise également de renforcer la coopération. « Aujourd’hui encore plus qu’hier, les nations et les entreprises ont besoin de coopérer, car ces enjeux ne connaissent pas de frontières.»

Ban Ki-Moon prône la coopération

Une position sur laquelle Ban Ki-Moon, ex-secrétaire des Nations unies, la rejoint. « Aucun homme ou pays ne peut parvenir seul à régler ces questions ». Il a rappelé comment l’agriculture répondait à bon nombre des 17 objectifs de développement durable définis par l’ONU en 2015 : pas de pauvreté, zéro « faim », bonne santé et bien-être… Et de poursuivre : « Si on oublie l’agriculture, on perd la base de nos vies », déclare-t-il. D’où son conseil : « Si les hommes politiques ont une vision long terme, alors ils doivent investir dans l’agriculture. Car l’air, l’eau et l’agriculture sont les investissements les plus sages pour être durable », conclut-il.

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