Label bas carbone, un premier projet en grandes cultures validé

Porté par l'entreprise Carbone Farmers, un premier projet en grandes cultures a reçu sa certification dans le cadre du label bas carbone, le 9 janvier. Il concerne une exploitation et 1600 tonnes de carbone. Explications avec le co-fondateur de l'entreprise, Jean-Marc Lévy.
Carbone Farmers
L'exploitation, accompagnée par Carbone Farmers et ayant reçu sa labellisation dans le cadre du label bas carbone grandes cultures, le 9 janvier 2023, déploie notamment le levier du semis direct.

Si depuis la validation, à l’été 2021, de la méthodologie grandes cultures pour le label bas carbone, de nombreux acteurs se sont mobilisés pour accompagner les agriculteurs, aucun projet n’avait encore reçu de labellisation officielle. C’est désormais chose faite, a annoncé  Carbone Farmers à Référence Agro, le 13 janvier. L’entreprise avait reçu, quelques jours auparavant, le 9 janvier, la validation de la Dreal du Grand Est. Le ministère de la Transition écologique a en effet délégué, depuis le mois de mai dernier, la mission de validation aux directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement.

1600 tonnes de carbone

Le projet concerne l’exploitation d’un agriculteur, Bertrand Ravillion, installé sur 344 hectares dans la Marne. Ce dernier met en œuvre 11 des 18 leviers listés dans la méthodologie grandes cultures. Les deux tiers des actions déployés par l’exploitant concernent le stockage de carbone, les autres visant la réduction des émissions. La Poste est co-financeur de ce projet, qui porte sur 1600 tonnes de carbone. « Nous sommes en discussion avec d’autres partenaires pour compléter ce financement, ce n’est pas un projet compliqué à vendre, assure Jean-Marc Lévy, co-fondateur de Carbone Farmers. Certains voulaient le financer à 100 %, nous avons dû refuser. »

Un tarif de 47 €/tonne

Le prix de rachat de la tonne de carbone a été fixé à 47 €. 75 % de ce montant reviendra à l’exploitant, soit 35 €. « Le reste nous servira à financer la certification, le suivi administratif, etc. », poursuit Jean-Marc Lévy. Plus spécifiquement, Carbone Farmers versera à Bertrand Ravillion 12 % de l’enveloppe globale, chaque début d’année, pendant 5 ans. Les 40 % restant lui seront payés à l’issue de cette période. « Nous réaliserons par ailleurs, tous les ans, un contrôle des projets certifiés par Bureau Veritas, pour vérifier les données, le suivi de la trajectoire et éviter les mauvaises surprises au bout de cinq ans », précise Jean-Marc Lévy.

Tripler le nombre d’agriculteurs engagés en 2023

Carbone Farmers se montre optimiste pour la suite. Plusieurs autres projets semblent en bonne voie : un en grandes cultures, dans le Nord, regroupant 100 exploitations de grandes cultures, ou encore un autre en filière laitière dans la Mayenne, regroupant une quinzaine d’éleveurs, par exemple. Une partie des crédits générés par ces projets, s’ils sont validés, ont déjà été pré-vendus. Des contacts sont également en cours avec des acteurs des secteurs du transport maritime ou de l’énergie, pour les convaincre de financer davantage de projets en France. « Nous avons 200 agriculteurs engagés actuellement, nous ambitionnons d’en avoir entre 600 et 800 fin 2023 », conclut Jean-Marc Lévy.

Autres articles du fil