Bel valorise le pâturage, le « sans OGM » et l’origine auprès des consommateurs

Les produits laitiers labellisés « sans OGM » du groupe Bel devraient faire leur apparition dans les rayons en janvier 2019, a indiqué l’entreprise lors d’un point presse, le 6 décembre à Paris. Un an après la signature de la « Charte de confiance pour des pratiques de production laitière durable et une meilleure valorisation du lait », entre Bel et l’Association des producteurs de lait Bel ouest (APBO), le projet avance. Son socle est la charte des bonnes pratiques d’élevage, déjà mise en place par l’interprofession, à laquelle s’ajoute l’obligation d’une alimentation sans OGM et un pâturage de 150 jours minimum par an pour les vaches. L’accord concerne les 840 producteurs de l’APBO et l’ensemble de la collecte de Bel. Soit 420 millions de litres de lait.

Des animaux 100 % « Nourris sans OGM »

Les produits, essentiellement des fromages, font déjà mention du pâturage. « L’alimentation non-OGM a démarré en juillet, explique Anne-Laure Dutertre, vice-présidente de l’APBO. Or, la réglementation française demande un laps de temps de six mois après la mise en place de l’alimentation pour pouvoir apposer la mention « produits avec des animaux nourris sans OGM » sur l’étiquette. » Bureau Veritas réalise actuellement les audits, qui devraient être finalisés pour la fin de l’année.
Bel et l’APBO insistent sur la co-construction de la démarche. L’accord, reconduit sur toute l’année 2019, prévoit la garantie d’un prix de référence moyen pour le lait à 350 euros les 1000 litres et la valorisation des pratiques d’élevages différenciantes sous forme de primes mensuelles : 15 euros pour 1000 litres concernant l’alimentation sans OGM et 6 euros pour 1000 litres pour la mise en valeur du pâturage. « Nous avons investi 12 à 15 000 euros par exploitation », insiste Antoine Fievet, président directeur général de Bel. « La contractualisation sur une année, par rapport à la fluctuation mensuelle, permet aux éleveurs davantage de lisibilité », reconnait Anne-Laure Dutertre. Pour permettre le changement de pratiques, des guides et des recommandations ont été diffusés auprès des exploitants. Ils sont également appuyés par les techniciens du contrôle laitier ou de Bel.

Une communication qui démarre le 8 décembre

Pour le groupe fromager, l’objectif est de répondre aux attentes des consommateurs. « Ils demandent de la naturalité, de connaître l’origine et des produits sans OGM », explique Jennifer Marquet, directrice générale de Bel. Reste à faire connaitre la démarche. Des spots publicitaires ont démarré sur l’aspect pâturage dès 2018. En 2019, l’entreprise souhaite aller plus loin en intégrant les OGM et l’origine des produits. Une campagne de communication sur ces points démarre le week-end du 8 décembre dans la presse spécialisée, la presse quotidienne régionale et la presse parisienne. Elle se poursuivra dès janvier 2019 dans les magasins.

Les négociations démarrent avec la grande distribution

Le groupe espère que la grande distribution suivra en valorisant les produits. « En 2018, ils étaient fermés. Mais nous avons actuellement des discussions positives avec certains d’entre eux qui nous laissent espérer, témoigne Jennifer Marquet. Nos enquêtes montrent que les consommateurs sont prêts à payer plus cher. » Pour l’heure, la hausse du prix du lait n’est pas répercutée auprès des consommateurs. « Par exemple, une boite de 12 portions de Kiri était vendue, en moyenne, 2,32 euros en 2014, indique-t-elle. Le prix est tombé à 2,21 euros en 2018 à cause de la guerre des prix que se livre les enseignes. Notre recommandation pour 2019 est d’arriver à un tarif de 2,29 euros. »
Grâce à cette opération, le groupe Bel estime avoir gagné six points de confiance dans l’opinion des Français.
Bel commercialise les marques Babybel, Kiri, Boursin, Cousteron ou encore Port-Salut.

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