LCA métiers du grain plaide pour que cesse « l’inflation réglementaire »

La coopération agricole section métiers du grain tenait une conférence de presse le 11 octobre. Antoine Hacard, son président, est revenu sur les attentes de la filière vis-à-vis des pouvoirs publics sur les dossiers énergétique et logistique notamment.
Antoine Hacard ; métiers du grain ; la coopération agricole
Catherine Matt, directrice de la section métier du grain, et Antoine Hacard, président. © EB/Référence agro

À l’occasion d’une conférence de presse organisée le 11 octobre, Antoine Hacard, président de la section métiers du grain de la Coopération agricole et également président de Cérèsia est revenu sur les faits marquants de la campagne, et les attentes des coopératives vis-à-vis des pouvoirs publics. Face aux hausses exorbitantes du prix de l’énergie, la section métiers du grain de LCA craint un ralentissement des commandes de grains. « Certains pays ont des difficultés à acheter du blé aux prix actuels, précise Antoine Hacard. Et nous commençons à voir une clientèle industrielle rationner ses volumes d’achats. »

C’est pourquoi la coopération demande à l’État la mise en place d’un bouclier énergétique avant la fin de l’année. De nombreuses entreprises disposent de prix fixes pour l’énergie jusqu’au 31 décembre, et pourraient être contraintes d’arrêter leur activité lorsqu’elles devront s’acquitter de factures à prix libres. « Certaines coop vont voir leur facture d’électricité être multipliée par dix, affirme Antoine Hacard. Si vos coûts étaient à 2 M€, vous ne pouvez pas faire passer 30 M€ dans vos marges. »

« Que cesse l’inflation réglementaire »

Autre demande de la section métiers du grain : donner la possibilité aux distributeurs français de s’approvisionner auprès de l’usine Eurochem d’Angers. Ce site industriel belge fournit les pays européens en engrais azotés, mais les autorités françaises bloquent encore les achats, en raison des liens de la société russe avec les oligarques et le régime de Poutine. « Nous avons un risque avéré de manque de disponibilité d’azote au printemps 2023, regrette le président de la section. Nous demandons des mesures cohérentes avec le reste de l’UE. » Une spécificité française qui, comme le projet de limitation des seuils de stockage des ammonitrates, réduit la compétitivité de l’agriculture française, selon Antoine Hacard. « Nous avons besoin que cesse l’inflation réglementaire », a-t-il déclaré.

Rénovation du parc de silos et des outils logistiques

La Coopération agricole espère également des investissements de l’État dans le parc de silos et les outils logistiques. Ces derniers sont nombreux à manquer : camion, GNR, péniches, trains… « Au sein de Cérèsia, nous devions livrer à un client 2400 t de maïs humide. Ce maïs nécessite une logistique rapide et rodée, car il ne se conserve pas. Les deux trains demandés ne sont jamais venus, et nous avons dû sécher ce maïs en urgence », a indiqué le président de section. Le travail sur les silos est mené avec Intercéréales, de façon régionalisée. « Cela concerne plusieurs millions d’euros », précise Antoine Hacard. Les besoins des distributeurs ont changé, en particulier en ce qui concerne la localisation des silos, ainsi que leur capacité d’allotement, alors que les filières sont de plus en plus nombreuses.

Sur les marchés, les drivers ce sont désormais la géopolitique et l’économie

Antoine Hacard est également revenu sur les faits marquants de la campagne, notamment sur la précocité et l’hétérogénéité de la récolte. Le résultat est correct pour les céréales à paille, bon pour le colza et le tournesol, mais mauvais pour le maïs et le blé dur. Concernant l’agriculture biologique, la situation est moins tendue pour les grandes cultures que pour d’autres secteurs. « Nous atteignons un équilibre entre l’offre et la demande », abonde Antoine Hacard. Au printemps, des céréales C2, en cours de transition biologique, ont cependant été vendues sur des débouchés traditionnels, compte tenu du prix haussier des cours. Quant aux marchés, ils ont été particulièrement bouleversés. « Il y a eu un avant et après 24 février 2022, a-t-il déclaré. Les drivers, désormais, ce sont Poutine, la géopolitique et l’économie. Les fondamentaux ne pèsent plus vraiment. »

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