Le drainage reste compatible avec les enjeux environnementaux agricoles

Le drainage agricole perd du terrain en France. « Il ne représente plus que 15 000 ha, contre 120 000 ha dans les années 80 », constate Luc Servant, membre du bureau de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). La structure organisait un colloque sur le sujet le 12 octobre à Paris. Le premier depuis plusieurs dizaines d’années. Le but : faire le point sur l’état des connaissances et aborder les réponses que peut apporter le drainage aux enjeux environnementaux.

Drainage et qualité de l’eau : encore des travaux à mener

« Nous nous sommes aperçus que le sujet n’était plus abordé et qu’il pâtissait d’une image négative. Le drainage présente pourtant des intérêts en matière d’environnement : il améliore le stockage du carbone et favorise la minéralisation de l’azote en désengorgeant le sol d’eau. Ses impacts négatifs sont désormais pris en compte, ce qui n’était pas le cas dans les années 80 », estime Luc Servant.
Les chantiers de drainage s’accompagnent désormais de l’implantation de zones tampons pour atténuer les transferts de contaminants par voie concentrée. « Ces zones assurent une réduction du lessivage des nitrates de l’ordre de 40 à 50 % », estime Julien Tournebize, chercheur à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea).

Approfondir le dossier phyto

Au niveau des produits phytosanitaires, les effets varient d’une molécule à l’autre. D’où l’importance de mener de nouveaux travaux sur ces questions. « Ce colloque marque le début d’un travail plus collectif qui répond aux enjeux actuels. Nous devons notamment fournir davantage de données sur les liens entre drainage et qualité de l’eau », conclut Luc Servant.