Le Foll lance le plan de développement de l’agroforesterie

Le ministre de l’Agriculture a dévoilé son plan de développement de l’agroforesterie, le 17 décembre dans les locaux parisiens d’AgroParisTech. Déployé autour de cinq axes, il couvre la période 2015-2020, « avec l’objectif de s’inscrire sur le long terme. » Un plan qui ne devrait toutefois pas disposer d’enveloppe financière dédiée. « L’agroforesterie s’intègre parfaitement dans les grandes orientations du ministère. Comme le projet 4 pour mille et l’agro-écologie, ce concept porte une approche globale de l’agriculture. » C’est par ces mots que Stéphane Le Foll a introduit son plan pour le développement de l’agroforesterie, le 17 décembre, à l’occasion de la seconde journée nationale de l’agroforesterie. Dans un amphithéâtre d’AgroParisTech, le ministre a tenu à mettre en évidence la cohérence de ce plan avec son action depuis sa nomination rue de Varenne. Pas de budget spécifique, mais une rationalisation des aides existantes Stéphane Le Foll a également reconnu qu’aucun budget ne serait a priori débloqué. Une « rationalisation » et une « mise en cohérence » des incitations actuelles ont été évoquées. Selon des sources internes au ministère, les aides actuellement proposées en la matière, notamment via le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), ne sont pas toutes utilisées, car insuffisamment connues. Le ministre affirme que démontrer l’efficacité des pratiques agroforestières est la priorité : « Plus que des moyens financiers, il faut des animateurs et des agriculteurs passionnés et convaincus, afin de mettre en avant les bienfaits environnementaux et économiques de l’agroforesterie, et des formateurs et des techniciens pour accompagner son déploiement. » Le plan s’articule autour de cinq axes :

  • Mieux connaître la diversité des systèmes agroforestiers et leur environnement. Un réseau de fermes calqué sur Dephy est notamment envisagé.
  • Améliorer le cadre réglementaire et juridique, renforcer les appuis financiers. Il s’agit avant tout de rendre clairs et de concentrer les dispositifs d’aides existants. Mais aussi de faciliter l’implantation d’aménagement agroforestiers, notamment pour les agriculteurs non propriétaires de leurs parcelles.
  • Développer le conseil, la formation et la promotion de l’agroforesterie. L’enseignement agricole va notamment être mobilisé. La communication vers la société est un aspect important de cet axe : « nous aurons remporté une victoire quand le citadin interrogé dans la rue connaitra le concept d’agroforesterie », selon Christian Dupraz, chercheur à l’Inra.
  • Améliorer la valorisation économique des productions de l’agroforesterie de manière durable. Ce qui passe par le soutien et le développement de filières solides pour les produits et coproduits forestiers.
  • Promouvoir et diffuser l’agroforesterie à l’international. Comme pour le 4 pour 1000, Stéphane Le Foll compte sur une dynamique dépassant la France, créant une émulation entre pays.

Ce plan sera officiellement lancé début 2016, en même temps qu’un comité de pilotage présidé par le ministère de l’Agriculture. Un suivi annuel est prévu sur la base de fiches actions. Une évaluation globale sera opérée en 2020. Voir aussi notre article : Agroforesterie et couverts végétaux : Le Foll donne son accord de principe à six propositions

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