Le label bas-carbone officiellement lancé par le gouvernement

Présenté comme « le premier cadre de certification climatique adopté par la France », le label bas-carbone a été lancé par le gouvernement, le 23 avril. Il doit contribuer à l’atteinte des objectifs climatiques de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), notamment celui de zéro émission nette d’ici à 2050. « Cet outil, ce sont des actions concrètes au service de la lutte contre l’effet de serre, et un moyen pour les acteurs publics et privés de s’engager pour le climat en soutenant des initiatives aux effets mesurables. », a salué François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, dans un communiqué.

Permettre la compensation des émissions

Construit (1) par l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), le label bas-carbone s’adresse aux collectivités, citoyens ou entreprises souhaitant soutenir financièrement l’émergence de projets allant dans le sens d’une réduction des émissions, ou de la séquestration du carbone, afin de compenser celles dont ils sont à l’origine. Une demande de plus en plus forte chez les acteurs publiques et privés. Un décret et un arrêté datés du 28 novembre 2018 précisent ses modalités d’application. Depuis leur publication, des « méthodes carbone » ont été travaillées, pour être appliquées aux différentes filières.

L’agriculture, un potentiel de séquestration du carbone énorme

Le secteur agricole est particulièrement concerné par cette démarche, possédant un fort potentiel de stockage du carbone. « Ce label soutiendra le déploiement, en France, de pratiques agricoles et forestières vertueuses pour le climat, permettant de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et d’augmenter les absorptions des puits de carbone indispensables à l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 », a déclaré Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture. Des projets de terrains pilotes ont été menés pour tester la mise en œuvre du label. C’est le cas notamment de l’Association syndicale libre de gestion des forêts de la Terre de Peyre, en Lozère. Celle-ci a lancé, en 2015, avec le soutien du Groupe La Poste, un projet de reboisement de 36 hectares de pinèdes. Il permettra de séquestrer plusieurs milliers de tonnes de CO2 au cours des prochaines décennies.

(1) Le label a été construit par I4CE, en lien avec de nombreux acteurs : ministère de l’Agriculture, l’Ademe, l’accélérateur de projets EIT Climate-KIC, le Groupement d’intérêts publics, le FEDER du Massif Central, la Poste, leCentre national de la propriété forestière, l’Idele, le Cniel.