Légumineuses : stimuler la consommation pour faire décoller les surfaces

C’est l’un des enseignements forts des deuxièmes Rencontres francophones légumineuses (RFL2), organisées près de Toulouse les 17 et 18 octobre 2018 : il faut stimuler la consommation des légumineuses. Si les surfaces implantées restent en deçà de 5 % en France, les freins agronomiques n’expliquent pas tout. C’est aussi un problème de demande.

En France, 2 kg consommés par an et par personne

« Les États généraux de l’alimentation ont mis en avant le consommateur « responsable », attentif à l’empreinte environnementale du contenu de son assiette, précise Sandrine Monnery-Patris, chargée de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Dans le contexte, comment expliquer que les légumineuses, « super aliment » par excellence n’est pas plus consommé ? » Les Français en mangent moins de 2 kg par an, contre plus de 7,3 kg par an en 1920.

Une image à refaçonner

Plusieurs études présentées lors des RFL2 attestent de différents freins à la consommation de légumineuses. Juliana Melendrez Ruiz a contribué à un travail dédié à cette thématique pour l’Inra. Elle résume : « Difficiles à préparer, peu appréciées en termes gustatif, jugées responsables de troubles gastriques, connotées « repas du pauvre », ou encore considérées comme un simple accompagnement… Les légumineuses partent de loin, les filières doivent réfléchir à de nouvelles recettes et manières de consommer. »

Une évolution déjà en marche ?

Les pistes de travail sont là. Plusieurs concours alimentaires, comme Prot’eat ou Creacook, se développent sur la thématique des légumineuses. En termes plus « politiques » la création d’une catégorie d’aliment dédiée dans le Plan national nutrition santé (PNNS), en 2017, marque peut-être un tournant. Désormais distinguées des féculents, les légumineuses bénéficient de leur recommandation propre, soit « au moins deux fois par semaine. » Sandrine Monnery-Patris identifie un autre motif d’optimisme : les enfants. « Nous avons mené une étude centrée sur les enfants de 7 à 11 ans, cette population s’est montrée très ouverte. »