« Les agriculteurs trouvent du sens dans les PSE », Nicolas Alban, Agence de l’eau RMC

L'Agence de l'eau RMC, Rhône-Méditerranée-Corse, consacre une enveloppe de 4,15 M€ pour un dispositif de paiements pour services environnementaux dans la Dombes, zone de l'Ain caractérisée par ses multiples étangs. Au-delà de ses spécificités, le projet révèle les atouts des PSE, selon Nicolas Alban, qui le suit pour l'Agence de l'eau.
Agence de l'eau RMC

La communauté de communes de la Dombes, dans l’Ain, est lauréate d’un appel à projets mené par l’Agence de l’eau RMC, Rhône-Méditeranée-Corse, en 2020. Cet AAP entre dans le cadre de l’expérimentation des paiements pour services environnementaux que l’État a confié aux agences de l’eau. Sur le bassin RMC, 40 M€ sont fléchés vers 754 agriculteurs, sur la période 2022-26. Et sur ses 40 M€, 4,15 M€ vont donc rétribuer les efforts de 37 exploitants de la Dombes.

Quand l’Agence de l’eau RMC associe pisciculteurs et agriculteurs

« La particularité de ce projet, et de cette zone, est liée à la présence de nombreux étangs dédiés à la pisciculture, qui tous les 3 ou 4 ans sont vidés pour être mis en culture », explique Nicolas Alban, directeur de la délégation territoriale de Lyon pour l’Agence de l’eau RMC. Le lien entre eau et cultures est donc particulièrement fort, et l’impératif de limiter l’usage d’intrants exacerbé. « Les agriculteurs riverains sont également mobilisés, l’eau des étangs provenant aussi du ruissellement des parcelles voisines », complète Nicolas Alban. Si le format associant agriculteurs et pisciculteurs est atypique, les leviers d’action sont relativement classiques : réduction des usages d’intrants, diversification des assolements, implantation de couverts.

85 000 € sur cinq ans en moyenne

Le dispositif vient juste d’être lancé, mais Nicolas Alban évoque déjà un « énorme succès ». « Attention : ces PSE sont une nouveauté, la mise en place est forcément complexe, prévient-il. Il y a des imprévus, des questions à résoudre en permanence. Mais sur le fond, les agriculteurs sont ravis. » Et pas uniquement pour des questions financières. Les 37 agriculteurs se partageront 3,17 M€ (1), soit plus de 85 000 € chacun en moyenne, mais à en croire Nicolas Alban, c’est la logique qui les séduit.

« La confiance, au cœur du dispositif »

« Les agriculteurs trouvent du sens à ce type de paiement, qui n’est pas une assistance, mais la rétribution de leur travail », explique-t-il. De plus, les agriculteurs ont contribué à la construction de la trajectoire de leurs pratiques sur 5 ans, sur la base desquelles sont calculées les primes annuelles. « Concernant les contrôles, ils seront effectués en 2026, précise encore Nicolas Alban. La confiance est au cœur du dispositif. Si les objectifs ne sont pas tenus, les primes de l’année 5 sont revues à la baisse. » Résultat : les agriculteurs de la zone qui ne sont pas impliqués se montrent particulièrement intéressés.

« Il n’est pas prévu d’élargir, ou même de pérenniser ce système, conclut cependant Nicolas Alban. L’idée initiale était de tester des modes de paiements nouveaux, pour essayer d’influencer la prochaine Pac. En raison du calendrier, nous n’avons pas réellement pu y parvenir. Mais les enseignements ne sont pas perdus, et nous trouverons peut-être, d’ici à 2026, d’autres moyens de valoriser cette expérimentation. »

(1) Le reste des 4,1 M€ du projet sont consacrés à la communauté de communes, notamment pour l’animation.

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