Les animaux ont acquis le statut d’êtres sensibles dans l’Union européenne

La réglementation européenne va évoluer vers un plus grand respect des animaux. Des entreprises innovent en la matière, comme la coopérative agricole Cecab, qui a présenté ses engagements lors d’un colloque intitulé « Le bien-être animal : quelle approche pour les acteurs économiques ? », organisé par Coop de France Ouest le 16 septembre au Space, à Rennes. Pour Luc Ferry, président du Conseil de l’analyse de la société, ce sujet est particulièrement sensible dans la société et ne doit pas être négligé par les industriels. La Commission européenne envisage la création d’un label européen sur le bien-être animal ainsi que la mise en place d’un centre de référence technique sur la question. Preuve que le bien-être animal sera un des fondements majeurs des nouvelles politiques agricoles européennes. « Les animaux ont acquis le statut d’êtres sensibles », a indiqué Isabelle Veissier, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique de Clermont-Ferrand lors du colloque sur le bien-être animal organisé par Coop de France Ouest. « C’est désormais inscrit dans la législation. » Pour Isabelle Veissier, les nouvelles dispositions en la matière devraient aller vers plus de surfaces par animal, une plus grande interaction entre eux, une amélioration du confort des espaces dédiés, une limitation des pratiques douloureuses et une alimentation plus conformes aux besoins. Luc Ferry, témoin privilégié du débat, a insisté sur le côté « très sensible » du sujet. « C’est une demande de la société dont il faut se soucier », a-t-il indiqué. __Le choix des mots__ Un certain nombre d’entreprises ont compris cet enjeu, à l’image de la Cecab, une coopérative agricole située dans le Morbihan. « Nous ne nous sommes pas posés de question : c’était une demande sociétale », a expliqué Yannick Le Guillec, directeur de l’activité aviculture-chair à la Cecab qui s’est engagée dans le bien-être animal suite à une demande de la chaîne britannique Marks et Spencer. Baptisé Welfare, ce projet ne concerne pour l’heure que la dinde. « Pour faire adhérer les éleveurs à la démarche, le choix des mots est important, précise Yannick Le Guillec. Le producteur ne comprend pas lorsqu’on lui parle de psychologie de la dinde. Nous préférons utiliser le mot respect. » Si la coopérative n’a pas réalisé d’investissement particulier, elle a mis en place des élevages pilotes, des formations, des démarches de progrès, des codes de bonnes pratiques sur les intrants, la gestion de l’élevage et le bon état sanitaire. La coopérative mise sur la transparence. « La moitié des surfaces en Welfare est ouverte aux consommateurs, étaye Yannick Le Guillec. Pour 2011, notre souhait est de rapprocher le consommateur et l’éleveur afin d’ancrer notre production sur son territoire breton. Face à la crise, le bien-être animal est une façon de sortir par le haut. »

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