Les annonces de Marc Fesneau pour soutenir le bio laissent la filière sur sa faim

En introduction des Assises de l'agriculture bio, le 6 décembre à Paris, le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a annoncé une série de mesures d'urgence pour accompagner la filière bio, qui fait face à un recul important de la demande de la part des consommateurs. La Fnab attendait des actions plus structurelles.
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Marc Fesneau, lors des Assises de l'agriculture biologique 2022.

Une semaine tout juste après que la Fédération nationale d’agriculture biologique, Fnab, a publié un communiqué déplorant le manque d’aides de l’État face à la crise du bio, Marc Fesneau a apporté de premières réponses. Invité à ouvrir les Assises de l’agriculture biologique, le 6 décembre à Paris, le ministre de l’Agriculture a annoncé différentes mesures. À commencer par l’abondement du fonds Avenir bio de 5 M€, qui était toutefois déjà entériné par l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi de finances 2023. L’an prochain, ce fonds, initialement doté de 8 M€, disposera donc d’une enveloppe de 13 M€, à laquelle devraient s’ajouter 2 M€ de reliquats inutilisés du Plan de relance. Le ministre a indiqué que ces 2 M€ « seraient notamment fléchés vers la filière porc ».

La filière bio attendait des mesures de fond

« Nous sommes en attente de mesures structurelles, réagit le président de la Fnab, Philippe Camburet, interrogé par Référence agro. Des mesures valables pour toutes les filières bio en difficulté, et qui perdurent ou que l’on puisse, a minima, mobiliser dès que nécessaire. Cette mesure curative répond au besoin d’un instant T, pas davantage. » Il regrette que le bio ne suscite pas les réponses financières « rapides et massives dont bénéficient d’autres types d’agricultures quand elles sont dans le dur ». De fait, Marc Fesneau a rappelé qu’au-delà du bio, de nombreuses filières agricoles affrontaient de fortes turbulences, sous-entendant qu’il était difficile de s’engager davantage. Il a toutefois souligné la hausse du crédit d’impôt de 3500 à 4500 € à partir du 1er janvier 2023 pour les agriculteurs bio, une compensation à la fin des aides au maintien, entérinée par le PSN français.

750 000 € pour la communication en 2023

Le ministre a également évoqué l’investissement de 750 000 € de l’État dans une campagne de communication en faveur du bio. Un geste salué, pour le coup, par Philippe Camburet. La Fnab, qui espérait une reconduction des 500 000 € débloqués pour 2022, a été plus qu’exaucée sur ce chapitre. « Reste que cette communication est, elle aussi, une « contre-mesure » rendue nécessaire par le peu de moyens accordés à l’Agence bio les années précédentes », note le président de la Fnab. Selon lui, la filière « est en mesure de tenir encore un an, s’il le faut, en adaptant [sa] logique de production et son économie », face à une demande en berne. Mais en l’absence de mesures de soutien pérennes, il ne faudra pas que le rebond de la consommation se fasse attendre davantage.

Préparer le plan Ambition bio 2023-27

Les actions plus structurelles de l’État en faveur du bio sont peut-être à espérer dans le cadre du prochain plan Ambition bio. Sans livrer le montant alloué à cette tâche, Marc Fesneau a annoncé le lancement d’une étude « express, à mener d’ici à la fin de l’année », pour bien analyser les mécanismes de la baisse de la demande depuis fin 2020. Le ministre compte sur ce travail pour donner un cap à Ambition bio, mouture 2023-27. « Je sais que 2023 arrive très vite, mais je ne veux pas pêcher par précipitation, a-t-il affirmé. Ce plan se doit d’être adapté à la réalité du bio aujourd’hui, mais il doit aussi permettre d’anticiper au mieux les tendances de demain. » L’anticipation souhaitée par le ministre ne s’arrête d’ailleurs pas à ce plan, puisqu’il a évoqué la nécessité de prospectives, pour le secteur, menant jusqu’à horizon 2040.

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