Les Rencontres nationales arbres et haies champêtres, marqueur de la dynamique agroforestière

Référence environnement : Pourquoi avoir choisi « Ressources en eau/ressources bocagères » comme thématique de ces sixièmes Rencontres nationales arbres et haies champêtres ?

Baptiste Sanson : Nous choisissons une problématique centrale en fonction de la région où sont organisées les rencontres. En Bretagne, nous avons opté pour l’eau. Plusieurs interventions très scientifiques ont mis en avant les atouts du bocage pour l’eau, qualitativement et quantitativement. En pleines Assises de l’eau, c’est une manière de justifier le bien-fondé des politiques publiques en faveur de l’arbre champêtre. C’est aussi une porte d’entrée pour des échanges plus larges. Nous avons également abordé le sujet du climat, de la biodiversité… Les Rencontres sont avant tout l’occasion de mutualiser les connaissances, d’enrichir la boite à outils de l’agroforesterie.

R.E. : Quel est le public concerné par ce type d’évènement ?

B.S. : Nous avions des techniciens de bassin, des représentants de la recherche, des collectivités, de la formation et des acteurs « de l’arbre champêtre », issus d’association, de chambres d’agriculture et évidemment, des agriculteurs. Le marqueur de ces rencontres est précisément l’articulation entre ces différents profils.
Nous estimons que 80 à 90 % de ces participants sont déjà concernés par la thématique, que ce soit via le lien à la biodiversité, l’énergie, les paysage ou la chasse… Il y a donc 10 à 20 % des participants qui sont plutôt en réflexion, ou en amont de projets agroforestiers.

R.E. : Ces Rencontres permettent-elles de caractériser la dynamique de l’agroforesterie ?

B.S. : La fréquentation de ces Rencontres, en soi, est un indicateur. La première édition, en 2006, avait rassemblé 50 à 60 participants. Cette sixième édition a rassemblé plus de 500 personnes. Autre chiffre : le nombre de structures adhérentes à l’Afac-Agroforesteries s’élevant à près de 230. Toute la France est « couverte ».
Nous sommes à une période charnière, le sujet des trames arborées est devenu incontournable. Les premières politiques publiques en faveur des haies datent des années 1980, dans un premier temps sous l’impulsion des départements. C’est au début des années 2000 que les acteurs locaux ont voulu mettre en commun leurs expériences, une volonté qui a abouti à la construction de l’Afac-Agroforesteries. Le premier plan national dédié ne date que de 2015. Mais il a des vertus structurantes, il assoit une légitimité pour le sujet, et il a ouvert la porte à certains financements.

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