L’exportation des céréales ukrainiennes demeure un casse-tête

La collecte ukrainienne serait en baisse d’environ 40 %. Mais même les céréales récoltées pourraient ne pas être exportées, en raison du blocage des ports. Des délégations diplomatiques, ainsi que les institutions européennes, cherchent des solutions.
céréales ukrainiennes
L'Île aux serpents, proche des côtes roumaines, est une piste pour exporter des céréales ukrainiennes. © DR

À l’occasion de la conférence de presse qui suivait le conseil spécialisé Grandes cultures, FranceAgriMer a fait un point sur la situation en Ukraine. Dans ce pays, la collecte moyenne devrait atteindre 20 Mt pour le blé et 25 Mt pour le maïs, des chiffres en baisse de minimum 40 % par rapport à la campagne précédente. Ces pertes interviennent alors que des opérateurs et politiciens ukrainiens accusent la Russie de voler du grain, détruire des silos et mettre le feu à des champs en Ukraine.

2 Mt par voie terrestre, contre 6 Mt par voie maritime

Mais la principale difficulté rencontrée par l’Ukraine reste l’exportation de ses productions. Alors qu’elle était, jusqu’à fin février, en mesure d’exporter entre 5 et 6 Mt de grains par mois, par voie maritime, elle est cantonnée à 1,5 Mt au maximum par la voie terrestre. « En levant tous les obstacles administratifs et logistiques, il serait possible d’exporter 2 Mt », a indiqué Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer. Plusieurs obstacles empêchent pour le moment d’exploiter pleinement le transport ferroviaire et routier : l’écartement des rails ukrainiens ne correspond pas à celui des rails européens et les formalités de dédouanement ne sont pas les mêmes entre les différents pays.

L’Île au serpent, une piste pour exporter les céréales ukrainiennes

La Commission européenne a lancé, en mai, un plan d’action visant à créer des « corridors de solidarité ». Des pourparlers ont lieu en Turquie, avec le soutien des États-Unis, entre des délégations ukrainiennes et russes, pour permettre le déblocage et le déminage des ports ukrainiens. « Aujourd’hui, à Istanbul, nous avons vu un grand pas en avant pour assurer l’exportation des produits alimentaires ukrainiens à travers la mer Noire », a tweeté António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, le 13 juillet, alors qu’un accord pourrait être trouvé dès la semaine prochaine. Les délégations russes et ukrainiennes se sont entendues sur des contrôles communs dans les ports et sur la mise en place de couloirs sécurisés pour le transport maritime.

L’évacuation des Russes de l’Île aux Serpents, une base stratégique ukrainienne, proche des côtes roumaines, pourrait permettre de sécuriser l’accès au canal Bâstroe, et véhiculer les céréales par voie fluviale. La récolte de blé russe atteint, elle, 87,4 Mt, un record. Pour autant, Moscou éprouve également des difficultés à exporter ses céréales, en raison des sanctions économiques qui empêchent les opérateurs russes d’utiliser le dollar, et des coûts prohibitifs des assurances de paquebots en mer noire. Le marché mondial des grains reste fortement perturbé et soumis à de nombreuses incertitudes. Les cours, qui ont légèrement baissé depuis mai, se maintiennent à des tarifs haussiers.

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