Méta-programme bio de l’Inra, premiers appels à projets lancés en novembre 2019

Référence environnement : Où en est la mise en place du méta-programme de l’Inra, MétaBio ?

Françoise Médale : Nous avons consacré un an à la construction d’un document directeur, avec un groupe de scientifiques et le collège de direction de l’Inra, et l’avons soumis au Conseil scientifique de l’Institut, qui a émis un avis positif. Il en a validé les grandes lignes, mais nous devons affiner certains détails en termes de priorités. Nous devons également constituer une cellule de pilotage et échanger avec les principaux partenaires de l’Inra dans le domaine du bio, comme par exemple l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab). Ces étapes devraient être achevées pour la rentrée. Le lancement à proprement parler est prévu pour novembre, avec les premiers appels à projets de Métabio. Ce méta-programme fonctionnera sur cinq à sept ans. Un point d’avancement  est prévu chaque année.

R.E. : Quelle est l’orientation thématique de MétaBio ?

F.M. : Son nom est « changement d’échelle ». Nous souhaitons étudier l’hypothèse d’une agriculture française majoritairement bio à horizon 2030. Quatre axes de travail sont listés : quelles sont les conditions globales d’organisation au niveau national, pour arriver à cette situation ; quelles sont les ressources à mobiliser… surfaces agricoles, ressources génétiques, numérique, travail, formation, etc. ; les aspects liés aux aliments bio, comme la transformation, la conservation, la qualité en lien avec la santé humaine ; la coexistence des systèmes bio entre eux et avec les modes de productions conventionnels, qui par hypothèse évolueraient vers l’agroécologie. Nous nous intéresserons aussi aux conséquences d’une telle hypothèse, positives et négatives.

Nous avons retenu l’échelle nationale pour nos recherches, mais nous n’occultons pas la dimension mondiale, dans laquelle se situent les marchés. La productivité du bio est aujourd’hui généralement moindre qu’en conventionnel. Nous devrons le prendre en compte pour évaluer la place que la production agricole française pourrait occuper dans la sécurité alimentaire mondiale. Cette échelle nationale permettra aussi à MétaBio de contribuer, en partie, au plan Ambition Bio 2022 du gouvernement. L’une de nos ambitions est d’exploiter certains résultats des travaux pour éclairer les politiques publiques, et faire évoluer la réglementation, les soutiens…

R.E. : Quelle sera la structure de ce méta-programme ?

F. M. : L’ensemble des départements scientifiques de l’Inra contribueront. Ce sera également le cas lorsque nous aurons fusionné avec l’Irstea pour former l’Inrae. Jusqu’à 300 chercheurs pourraient être impliqués. Pour conduire MétaBio, je serai accompagnée de Cécile Détang-Dessendre, directrice scientifique adjointe agriculture de l’Inra, qui a des compétences scientifiques en économie, et d’une ingénieure chef de projet, Servane Penvern. Nous ne partons pas de rien : nous bénéficierons des acquis du comité interne en agriculture biologique, qui existe depuis une vingtaine d’années, et dont la restitution des derniers travaux aura lieu en novembre également. MetaBio prendra ensuite le relai et pourra s’appuyer sur nos unités expérimentales dont plus d’un quart sont menées en bio.