Néonicotinoïdes : appel à l’interdiction dès 2016

La mobilisation de parlementaires pour interdire les néonicotinoïdes à compter du 1er janvier 2016 se renforce. Objectif affiché : convaincre l’ensemble des députés et parlementaires à maintenir un amendement dans la loi sur la biodiversité. Un courrier signé d’une quarantaine de députés et sénateurs de tous bords politiques a été envoyé à l’ensemble des parlementaires pour les appeler à voter l’interdiction de l’usage des pesticides de la famille des néonicotinoïdes à compter du 1er janvier 2016. Un amendement allant dans ce sens a été adopté le 19 mars lors de la première lecture du projet de loi sur la biodiversité à l’Assemblée nationale. Ses dépositaires, Delphine Batho et Gérard Bapt, députés PS, souhaitent que cette interdiction soit maintenue tout au long du parcours législatif, et ce, malgré l’opposition du Gouvernement. Indépendance des experts remise en cause Ces deux députés ont par ailleurs organisé un forum dédié le 24 juin 2015 à l’Assemblée nationale, avec l’aide de Jean-Paul Chanteguet, président de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale. Ce forum a réuni de multiples intervenants, représentants d’apiculteurs et d’associations environnementales, scientifiques, médecins… partisans de cette interdiction. Selon eux, la neurotoxicité, même à faible dose, de ces molécules, s’avère suffisamment prouvée par la communauté scientifique internationale. Sont déplorés le manque d’indépendance des experts chargés de l’évaluation des molécules et des produits et l’absence de prise en compte de l’ensemble des études scientifiques. Pour les intervenants, cette neurotoxicité impacte non seulement les abeilles mais également les oiseaux, les invertébrés, les poissons et la chaîne alimentaire humaine. Ces produits systémiques, de part leur rémanence, contaminent les sols et les eaux de surface et souterraines. « Stigmatisation », selon les industriels L’UIPP a aussitôt réagi, en évoquant, dans un communiqué daté du 25 juin, une démarche « injustifiée et stigmatisante ». L’Union des industries de la protection des plantes précise qu’il « n’appartient pas à la France d’interdire cette famille de substances de façon unilatérale sur son territoire » et que « cela ne ferait que créer de nouvelles distorsions de concurrence au détriment des productions nationales et mènerait à des impasses techniques ». Et de rappeler que, comme pour toutes les spécialités phytosanitaires, « l’autorisation de mise sur le marché des néonicotinoïdes n’est accordée par les autorités que si le produit évalué ne présente pas de risque pour la santé et l’environnement, dans les conditions d’utilisation recommandées ». Dans son dernier avis sur le projet de la loi sur la biodiversité, la Commission des affaires économiques du Sénat a quant à elle fait part de son opposition à l’interdiction dès 2016.

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