Nouvelle Aquitaine : accord trouvé autour d'un projet de seize retenues d'eau

Le fait est suffisamment rare pour ne pas être souligné. Organisations agricoles, collectivités et associations environnementales des Deux-Sèvres, en Nouvelle Aquitaine, se sont entendues le 18 décembre autour d’un projet de retenues de substitution destinées à l’irrigation. Treize partenaires (1) ont signé à la préfecture le « protocole d’accord pour une agriculture durable dans le territoire du bassin Sèvre niortaise ».

Seize réserves d’eau

Le document acte la construction de seize réserves de substitution destinées à l’irrigation dont treize dans les Deux-Sèvres, deux en Charente-Maritime et une dans la Vienne. De nombreux opposants, réunis sous le collectif « Bassines non merci », ont manifesté devant la préfecture. Pourtant, même la députée Génération écologie des Deux-Sèvres, Delphine Batho, soutient le projet.

« Au départ nous étions opposés et nous avons déposé un recours en novembre 2017 contre l’arrêté de la préfecture, explique Yanik Maufras, président de Sèvres nature environnement. Mais le projet a évolué. » Ce dernier portait initialement sur 19 retenues pour un volume autorisé d’irrigation de seize millions de mètres cube. Avec la baisse du nombre de sites, le volume a également diminué à 12,7 millions de mètre cube dont six millions de stockage. « Les irrigants pourront prélever dans le milieu 5,7 millions en été et les 7 millions restants seront issus des réserves, explique Jean-Marc Renaudeau, président de la Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres. En comparaison, 24 millions de mètres cube étaient prélevés dans le milieu dans les années 2000. »

Des obligations environnementales pour les agriculteurs

Autre point qui a permis l’adhésion du plus grand nombre : les 220 agriculteurs de la zone s’engagent à modifier leurs pratiques. D’une part, tous doivent adhérer à la coopérative de l’eau qui porte le projet. D’autre part, ils doivent réaliser un diagnostic d’exploitation sur l’eau et la biodiversité et identifier des marges de progrès. Ensuite, ils ont pour obligation de choisir trois pratiques innovantes en matière d’agronomie, sur la réduction des pesticides et la préservation de la biodiversité, parmi une liste établie.

60 millions d’euros

Par ailleurs, un groupe technique et scientifique a été mis en place, composé des chambres d’agriculture, coopératives, négoces, associations environnementales, Arvalis-Institut du végétal, Terre Inovia, l’Institut de l’élevage (Idele), le CNRS, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Il a pour vocation de mener toutes les études nécessaires au cours de la construction du projet. Lequel devrait démarrer à l’automne 2019.

Le budget s’élève à 60 millions d’euros, dont 28 millions par l’Agence de l’eau Loire Bretagne, 15 millions pour la région Nouvelle Aquitaine et 17 millions d’euros des agriculteurs.
(1) Les treize signataires sont la préfète des Deux-Sèvres Isabelle David, le représentant du Conseil régional Nouvelle Aquitaine, le président du Conseil départemental des Deux-Sèvres, le représentant de la Coopérative de l’eau, le président de la chambre d’agriculture, les maires d’Amuré et de Plaine d’Argenson, les représentants de la Cle Sèvre niortaise-marais poitevin, de Deux-Sèvres Nature Environnement, de la Coordination de défense du Marais poitevin, de la fédération de pêche des Deux-Sèvres, du Parc naturel régional du Marais poitevin, du Curet.