Paca : les coopératives s’investissent pour relancer la filière céréales

Pour redynamiser la production de céréales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Coop de France Alpes-Méditerranée lance une filière « céréales, farines, pains ». À ses côtés, la Région et des acteurs de la première et seconde transformation. L’objectif : contractualiser, sur trois ans, tous les maillons de production pour, à la clé, proposer un produit régional qui sécurise le revenu des agriculteurs. Le tout, en maintenant une activité de collecte pour les OS.

La filière céréales bat de l’aile en région Paca, concurrencée par des productions à plus forte valeur ajoutée. « Même si en surface, les céréales restent les cultures comptant le plus d’hectares devant la vigne, l’arboriculture ou la lavande, nous avons perdu près de 30 000 ha en l’espace de 10 ans. Et la récolte 2018 ne devrait rien arranger », constate Rolindes Moran, ingénieure conseil à Coop de France Alpes-Méditerranée. Pour les organismes stockeurs locaux, la baisse de volume se traduit par des difficultés à rentabiliser leurs outils de collecte. Face à ce constat, et dans la mouvance des États généraux de l’alimentation prônant le retour à plus de traçabilité, de local et d’aliments respectueux de l’environnement, Coop de France Alpes-Méditerranée, l’Association régionale de la Meunerie et la Fédération régionale de la Boulangerie et Boulangerie-Pâtisserie Paca ont annoncé le 16 octobre, lors du salon Med’Agri d’Avignon, la création d’une filière régionale courte et intégrée « céréales, farines, pains ». Soutenue par le Crédit Agricole et la Région, cette démarche vise à redynamiser la production de céréales de la région en impliquant tous les maillons : agriculteurs, collecteurs, première et seconde transformation.

Trois coopératives impliquées
D’ici à quelques jours, 300 hectares de blé tendre devraient être emblavés pour alimenter cette filière. Si les sept coopératives céréalières de la région (1) sont intéressées par la démarche, seules trois se lanceront dans la production et la collecte des grains cette année. Un cahier des charges a été mis en place en partenariat avec Arvalis pour la partie agronomique et le choix des variétés, sur des fondements proches de la filière CRC (Culture raisonnée contrôlée). Côté aval, trois moulins régionaux et 140 boulangers transformeront le blé collecté lors de cette campagne test pour fabriquer des baguettes « tradition française ». « À l’horizon 2025, nous espérons atteindre 2200 ha de céréales ainsi que 450 boulangers. Et si la démarche s’avère concluante, pourquoi ne pas élargir la production à d’autres céréales que le blé tendre, comme le blé dur, pour fabriquer d’autres styles de pains que la baguette tradition », explique Rolindes Moran. La commercialisation auprès de cantines et d’hôpitaux est aussi envisagée.

Déconnecter les prix des cours mondiaux
L’un des plus gros challenges de cette démarche concerne la rémunération des agriculteurs. « À ce jour, un agriculteur qui produit du blé tendre dans notre région perd en moyenne 350 €/ha. Notre seul moyen de redynamiser et de pérenniser la filière consiste à déconnecter les prix de vente des cours mondiaux et à sécuriser l’approvisionnement par des contrats de trois ans entre agriculteurs, organismes stockeurs et meuniers », estime Rolindes Moran. Pour l’instant, le prix de vente du blé n’a pas encore été acté. Les partenaires du projet réaliseront dans les prochaines semaines des études de marché sur la boulangerie et sur le client consommateur pour poser les bases financières des futurs contrats. Le plus dur reste à faire, mais pour les coopératives, cette démarche s’avère essentielle pour maintenir leurs outils de collecte.

 

(1) Céréalis, Terroirs du Sud, Coopérative des producteurs de céréales de Saint Etienne du Grès, Arterris-Sud Est, GROUPE PROVENCE SERVICES (GPS), Alpesud, Coopérative céréalière de Forcalquier

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