Phytos : le port des EPI à la peine

Les équipements de protection individuelle (EPI) destinés aux applicateurs de phytos sont encore bien trop inadaptés et sous employés. C'est ce qui ressort des journées « Expositions professionnelles aux pesticides » organisées par l'Anses, les 28 et 29 octobre, à Paris. L'agence publie par ailleurs un état des lieux et des recommandations à ce sujet.

Santé et phytos : le sujet fait toujours polémique mais aussi salles combles. Pas moins de 250 participants au colloque organisé par l'Anses (1) la semaine passée sur les « expositions professionnelles aux pesticides ». Alors que les effets nocifs des phytos sur la santé sont de moins en moins remis en cause grâce aux connaissances apportées par les études épidémiologiques (lire également dans cette lettre), la façon de limiter l'exposition aux produits et les mesures de protection génèrent toujours plus de questions que de réponses : quels EPI recommander pour quels produits et pour quelles phases de travail ? Est-ce que les EPI sur le marché protègent suffisamment et sont adaptés aux conditions du terrain ? Comment les utiliser et le faire savoir aux utilisateurs ?
Face à tant d'interrogations, l'Anses s'est auto-saisie pour réaliser un état des lieux et a mis en ligne le 28 octobre son avis et ses recommandations sur le sujet. Si l'agence estime que l'offre d'EPI sur le marché est « assez diversifiée » avec des hauts niveaux de performance tant à la pénétration qu'à la perméation, le port de ces équipements n'est pas toujours pratiqué, « du fait notamment d'un niveau de confort médiocre et des contraintes inhérentes à l'activité au poste de travail ». L'Anses recommande que les travaux de normalisation des EPI se poursuivent au niveau européen pour aboutir à une certification systématique des EPI utilisés pour les usages phytopharmaceutiques, y compris les combinaisons de travail.

Faiblesses sur l'information et la prévention

Mais il reste aussi selon l'agence « d'importants efforts à accomplir » en matière de sensibilisation des agriculteurs, malgré les progrès réalisés notamment dans le cadre des formations Certiphyto. L'Anses souhaite que « de nouvelles initiatives soient prises » pour mieux sensibiliser les agriculteurs. L'agence recommande ainsi « l'adoption de guides de bonnes pratiques par filières, dont la diffusion devrait être large ». Les organismes de prévention – MSA en tête – et agriculteurs présents à une table ronde organisée lors du colloque sont aussi conscients de ce manque de diffusion de l'information les concernant directement. « Nous savons que de nombreuses recherches sont faites mais nous sommes victimes d'un manque de cohésion entre les différents aspects de la sécurité liée à l'application des phytos : les produits, les contenants, les équipements de protection, les étiquettes, les conseils… », résume Éric Thirouin, agriculteur et président de la commission environnement de la FNSEA. « Plutôt que d'attaquer les produits qui sont utiles, pourquoi personne ne nous fournit un système qui évite tout contact avec eux, comme cela existe dans l'agroalimentaire ? », s'interroge par ailleurs Christophe Hillairet, agriculteur et président de la Chambre interdépartementale d'agriculture d'Île-de-France.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail.

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