Plan biodiversité, les ONG environnementales mitigées

Un collectif d’associations dédiées à la préservation de la biodiversité s’est penché, dès sa parution le 4 juillet, sur le Plan biodiversité présenté par Nicolas Hulot. Pour proposer, le lendemain, un retour critique sur les mesures présentées. Si elles estiment positif l’émergence d’un tel plan interministériel, la vision globale de ces ONG* est résumée par Jean-David Abel, de France nature environnement : « Un tiers de concret pour un tiers de recyclé et un tiers de flou. »

« Intensification de la lutte contre les pesticides »

Une analyse applicable aux seules mesures agricoles. Pour Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et biodiversité, le concret se situe notamment dans une « intensification bienvenue de la lutte contre les pesticides, inscrite en toute lettre dans le plan. » L’augmentation de la pollution diffuse de 50 M€ au bénéfice du bio, l’objectif de 50 000 exploitations labélisées HVE et les paiements pour services environnementaux ont été saluées par les ONG présentes.
Au chapitre des mesures appréciées mais « recyclées », Bernard Chevassus-au-Louis liste l’extension de l’interdiction des néonicotinoïdes à tous les insecticides neurotoxiques, la sortie du glyphosate et les objectifs liés au bio, « de l’ordre de la redite. » Tandis que le soutien au Plan agro-écologique se situe « dans la continuité de l’action initiée par Stéphane Le Foll. »

Scepticisme autours des PSE, ponctionnés aux Agence de l’eau

Pour ce qui concerne le flou, c’est principalement les modalités de financements qui font lever des sourcils. « Les 150 M€ prévus pour les paiements de services environnementaux doivent être ponctionnés au budget des Agences de l’eau, s’inquiète Jean-David Abel. Ce sera au détriment d’autres actions. Il faut a minima élargir la liste des bénéficiaires, et ne pas la cantonner aux agriculteurs. » Quant à la mise en place d’une plateforme de capitalisation des données géolocalisées de l’indicateur de fréquence de traitements phytosanitaires (IFT), elle est diversement appréciée. « C’est une bonne chose pour mieux mesurer la pression localement, sur la biodiversité », juge Bernard Chevassus-au-Louis. Jean-David Abel est plus sceptique : « Difficile de mesurer l’efficacité de cette initiative collaborative, non-réglementaire. »
Plusieurs associations déplorent, enfin, l’absence d’un véritable plan de cohabitation entre l’homme et les grands prédateurs comme le loup, l’ours ou le lynx.

Les autres réactions

Les Chambres d’agricultures saluent l’objectif qui vise « zéro artificialisation nette », les moyens alloués au déploiement des paiements pour services environnementaux, la reconnaissance la « terre-nourricière ». Toutefois, elles s’interrogent sur le renforcement de la police de l’environnement, sur la concertation des acteurs locaux dans la création de nouvelles aires protégées, dont le 11e parc national annoncé par Nicolas Hulot, et sur l’augmentation de la redevance pour pollutions diffuses. « Les moyens financiers et juridiques nécessaires aux objectifs du plan seront-ils à la hauteur ? », demandent-elles.
« Ce plan devra être accompagné d’un dispositif d’évaluation des mesures projetées au regard des évolutions de la qualité de la biodiversité », indique les réseaux gestionnaires d’espaces protégés (Conservatoires d’espaces naturels, Réserves naturelles de France, Rivages de France et Parcs naturels régionaux de France) dans un communiqué du 5 juin. Ils espèrent que la biodiversité deviendra une « grande cause nationale ».
Et les abeilles ? C’est en substance la question que posent l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) et la Confédération paysanne. Déplorant des mortalités importantes depuis la sortie d’hiver, la filière apicole se sentent oubliées. Ses représentants, reçus en juin à l’Élysée continuent d’attendre un plan de soutien financier.

*Parmi lesquelles la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), WWF, France nature environnement, Humanité et biodiversité ou la fondation pour la nature et l’homme.

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