Plan protéine européen : synthèse des ateliers consultatifs le 23 novembre

Depuis le début du printemps, la Commission européenne mène une consultation large au sujet d’un futur Plan protéine au sein de l’UE. Cette consultation prenait notamment la forme de quatre ateliers organisés sur les thèmes de la recherche (mai), de l’agronomie (juin), des filières (juillet) et plus récemment des marchés (en septembre). Une synthèse de ces travaux est prévue pour le 23 novembre, à Vienne.

Ancrer le plan dans le temps

Françoise Labalette, responsable du pôle « amont » au sein de l’interprofession des huiles et protéines végétales Terres Univia, était présente pour l’atelier filières, organisé en France. Interrogée par Référence Environnement lors du colloque RFL2, organisé les 17 et 18 octobre près de Toulouse,  elle explique : « Depuis les années 1980, nous demandons un plan protéine d’ampleur européenne. Et, depuis la première mouture d’un tel plan, toutes les tentatives ont finalement souffert d’un manque de stabilité réglementaire. »
Pour ancrer un tel programme dans le temps, la perspective de l’intégrer dans la Politique agricole commune (Pac) séduisait les eurodéputés, le 17 avril 2018. Le timing entre la préparation de la Pac et de ce plan pourrait correspondre. « L’essentiel est de créer une cohérence avec l’ensemble des politiques qui peuvent concerner ce plan, comme par exemple le calibrage des productions de biocarburants, profondément lié à celles de protéines, pour certaines cultures », juge Françoise Labalette.

Des enjeux autour des SIE

La Pac serait notamment un levier intéressant pour faire des légumineuses une Surface d’intérêt écologique (SIE), quel que soit leur mode de production. « Aujourd’hui, c’est possible, mais sans utiliser de produit de protection phytosanitaire, souligne Françoise Labalette. Dans ces conditions, certaines cultures comme le pois ne peuvent être valorisées. » Selon elle, ce type de contrainte gagnerait à être introduite progressivement, et en fonction d’itinéraires techniques réalistes.
Dans un communiqué publié mi-septembre, Terres Univia, Fop et Terres Inovia exprimaient leurs attentes pour le Plan protéine européen. Cinq axes étaient listés :
– encourager les producteurs à cultiver des plantes riches en protéines,
– conforter l’organisation des opérateurs dans des filières propres aux plantes riches en protéines,
– promouvoir les débouchés des cultures oléo-protéagineuses, alimentaires et non-alimentaires,
– renforcer la recherche, le développement et l’innovation,
– consolider les sources de financement du plan protéines.