Projet Syppre : vers une plateforme dédiée à l'agriculture bio intégrant la betterave à sucre

Les cultures bio pourraient être intégrées au projet Syppre, anagramme de « systèmes de production performants et respectueux de l’environnement ». C’est en tout cas une piste évoquée le 10 décembre, lors du conseil spécialisé pour la filière sucrière de FranceAgriMer. Cette plateforme devrait être lancée sur 15 hectares, dans le but de travailler des rotations longues, intégrant notamment la betterave à sucre bio. Si ce projet de plateforme Syppre bio aboutissait, ce pourrait être dans la région Île-de-France. En 2017, les cinq premières plateformes du projet ont été inaugurées.

Betterave à sucre bio, année 1

Contacté par Référence environnement, l’Institut technique de la betterave (ITB), partie prenante de Syppre avec Arvalis et Terres Inovia, précise que le projet est encore « au stade de la réflexion ». En attendant, la structure continue ses expérimentations propres sur des itinéraires techniques pour l’agriculture biologique. « C’est une démarche toute neuve, rappelle Jean-Charles Germain, en charge du dossier à l’ITB. Nous sortons d’une première année de test. Pour la betterave à sucre, le défi numéro un est le désherbage. Les solutions éligibles en bio existent, mais sont coûteuses. »

Un seuil de viabilité à 50 tonnes par hectare

Les pistes travaillées par l’ITB demandent de la main d’œuvre, notamment lors du repiquage, qui consiste à replanter les plants initialement semés sous serre : une douzaine de travailleurs est nécessaire pour chaque hectare. « La pratique limite les risques liés aux ravageurs du sols, tout en permettant un désherbage mécanique immédiat, les plants étant alors plus résistants », détaille Jean-Charles Germain. Quels sont les rendements ? Les parcelles bio de l’ITB, dans l’Aisne, oscillent entre 40 et 48 tonnes à l’hectare, contre 37 à 75 tonnes en conventionnel. Une première année encourageante, même si le seuil de viabilité est évalué à 50 hectares.

Prochaine étape : utiliser des semences certifiées en bio, alors que l’ITB utilisait, en 2018, des plants conventionnels. « Le développement d’une filière bio en betteraves sucrières passe par le développement de variétés adaptées », affirme le Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (Geves).