Rapport Bisch : « Nous ne reviendrons pas sur le calcul des volumes prélevables », Éric Frétillère, président d'Irrigants de France

Le 25 septembre, le rapport de la cellule d’expertise sur la gestion de la ressource en eau, coordonné par le préfet Pierre-Étienne Bish, a été rendu public. Il vise à relancer les projets de territoires axés en priorité sur les économies d’eau. Dans un communiqué commun paru le lendemain, la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, les chambres d’agriculture, Coop de France et Irrigants de France se disent déçus par le contenu de ce document « peu opérationnel ». « La cellule d’expertise avait pour mission d’examiner les projets de territoire en cours, de proposer des pistes d’accélération de leur réalisation, et non pas d’exiger de nouveaux critères, venant encore ralentir les procédures », indiquent-ils. Trois questions à Éric Frétillère, président d’Irrigants de France.

Référence environnement : Pourquoi êtes-vous si déçus du rapport Bisch ?

Éric Frétillère : La cellule d’expertise n’a pas étudié les vrais enjeux du stockage de l’eau. Nous nous attendions à une remise en question totale de l’instruction de 2015, qui priorise uniquement les retenues de substitution et qui demande une baisse de 10 % des volumes d’irrigation. Le rapport n’a pas pris la mesure des enjeux de la ressource en eau, du changement climatique et de la croissance démographique. Il faut davantage de stockage, adapté selon les bassins. Nous voyons de plus en plus d’inondations en hiver et une grande sécheresse en été : stocker l’eau s’avère logique.

R.E. : Le rapport demande de revoir le calcul des volumes qui peuvent être prélevés…

E.F. : Il est inadmissible de remettre en cause un travail qui a mobilisé l’administration et les acteurs pendant de nombreuses années. Nous ne reviendrons pas dessus.

R.E. : Une étude des retenues existantes par bassin est également demandée. Qu’en pensez-vous ?

E.F. : Nous en avons plus qu’assez des études qui coûtent très cher. Le stockage sécurise la production et le revenu. L’agriculture biologique a aussi besoin d’eau. Qui sera également indispensable pour développer les projets alimentaires territoriaux, afin de diversifier les productions localement. Les exploitations qui se maintiendront demain sont celles qui pourront irriguer. De plus le stockage de l’eau est indispensable au développement des territoires : eau potable, industrie, production d’énergie, loisirs,… en ont besoin également. Nous espérons que la seconde phase des Assises de l’eau permettra de relancer la politique de mobilisation de la ressource en France.

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