Recherche : Agralid, l’environnement et la santé dans les produits agricoles

 
 
 
Le mode de production des produits animaux constitue un levier efficace pour réduire l’impact environnemental de l’agriculture, tout en améliorant les apports nutritionnels des aliments. Cette conclusion, exposée le 8 novembre 2016 à Paris, résulte d’un travail mené depuis janvier 2013 par l’Inra, la filière Bleu-Blanc-Cœur (BBC), la coopérative Terrena et l’entreprise Valorex.
 

Des algues et du lin en alimentation animale

 
Premier axe de recherche : l’alimentation animale, qui conditionne les émissions de méthane du bétail et les teneurs en acides gras des produits animaux. Avec Valorex, entreprise spécialisée dans la mise en place de filières végétales pour l’alimentation animale, les acteurs de la filière BBC et l’Inra ont étudié les conséquences de l’intégration de graines de lin et de microalgues dans les rations animales. Ces microalgues ont été choisies pour leur richesse en acide docosahéxaéonique (DHA), un acide gras bon pour la santé humaine.
Par ailleurs, les équipes ont montré que les produits des animaux nourris avec des graines de lin sont enrichis en acides gras oméga 3, et que cet effet est amplifié lorsque les graines sont préalablement dépelliculées. De plus, l’apport de lin permet d’alléger le bilan carbone de l’élevage en réduisant les émissions de méthane du bétail liées à la fermentation entérique.
 

L’origine et le mode de production choisis par les consommateurs

 
Le programme incluait également une étude sociologique des pratiques alimentaires et de la sensibilité des consommateurs aux enjeux nutritionnels, environnementaux et agricoles des aliments. Les équipes de Terrena, Valorex et BBC ont proposé les menus « végétarien » à faible impact carbone, « santé » (nutritionnellement optimisé), « filière » avec l’identification de l’origine et du mode de production des aliments, et « global » combinant les trois menus précédents, dans deux restaurants d’entreprise. Le menu végétarien a été le moins choisi, contrairement aux menus « filière » et « global » vers lesquels se sont tournés la plupart des 300 convives. Ceux-ci étaient prêts à payer jusqu’à un surcoût de 10 % pour ces derniers menus, affichant leurs critères hédoniques, sanitaires et éthiques.
 

Un outil d’aide à la décision

 
Enfin, Agralid a abouti à la mise en place d’un outil d’aide à la décision pour aider l’utilisateur à améliorer sa stratégie alimentaire. Les membres de l’Inra et de BBC ont élaboré une base de données de 140 aliments, associés à 42 caractéristiques nutritionnelles, environnementales et socio-économiques. L’outil interactif qui en résulte permet à l’utilisateur d’explorer différentes voies d’amélioration de ses menus, grâce à une représentation graphique synthétique des impacts de ses choix.