Recruter ? Un travail à plein temps

Chez Vivadour, un salarié sur six a plus de 56 ans. Pyramide des âges oblige, les recrutements vont rester soutenus dans les années à venir. Un sacré challenge à relever dans un département où le taux de chômage atteint à peine les 6 % et où un jeune sur deux part et ne revient pas. Sans compter que les filières agricoles n’attirent plus les étudiants. Pour séduire les candidats et faire découvrir ses nombreux métiers, le groupe gersois multiplie les initiatives.

Recruter dans le secteur agricole devient très complexe. Le groupe Vivadour peut en témoigner. « Et ce, quel que soit le poste recherché, précise Marie-Claire Poussade, la directrice des ressources humaines du groupe. Les postes de terrain, en lien avec les agriculteurs, ainsi que les métiers liés à la production industrielle trouvent difficilement preneurs. Bien sûr, nous arrivons toujours à recruter mais le délai est de plus en plus long ».

Repérer les recrues, en interne
Que faire ? Anticiper au mieux, en commençant par un recrutement, en interne. « Nous privilégions la mobilité interne, dans un même service ou inter-filières, explique-t-elle. Chez Vivadour, nous avons la chance de balayer un large panel de métiers, sur un vaste territoire. Les entretiens individuels annuels nous permettent maintenant d’identifier et d’accompagner les projets des salariés, formations à l’appui si nécessaire ». Mais cela ne suffit bien évidemment pas.

Alternance, apprentissage… un vivier de qualité
« L’alternance, l’apprentissage, l’accueil de stagiaires restent des voies très fructueuses pour découvrir nos potentiels futurs collaborateurs, poursuit-elle. Nous travaillons avec des lycées agricoles, des classes de BTS, des écoles d’ingénieurs… Nous avons même participé à la mise en place d’une licence export, en alternance. Au fil des années, les formations agricoles sont de plus en plus désertées par les étudiants qui, pour la moitié, et c’est tant mieux, ont dans l’objectif de s’installer. Pour autant, nous multiplions les interventions dans les établissements pour présenter nos métiers, notre entreprise, expliquer ce qu’est une coopérative et montrer qu’il est possible d’y faire carrière.».

Un enjeu territorial
« Il y a 10 ans, dans la région, nous n’étions pas identifiés comme un potentiel employeur, se souvient-elle. Deux grosses opérations de communication, auprès des politiques, des collectivités, de Pôle Emploi, des écoles… en 2011 et 2014 ont permis d’améliorer les choses. Il y a deux ans, Vivadour a même été classée dans le top du journal Capital des PME françaises où il fait bon vivre ». Les choses évoluent… doucement. « Dans notre département où le taux de chômage atteint à peine 6 %, 40 % seulement de la population est active, contre 60 % à l’échelle nationale et 70 % en Occitanie. Recruter devient un réel enjeu de territoire ».

Chaque CV est conservé deux ans
Aujourd’hui, Marie-Claire Poussade reconnait que le partenariat avec Pôle Emploi reste le plus efficace pour diffuser les annonces et repérer les candidats. « Nous travaillons également avec des sites de « jobboard » comme l’Apecita, Meteojob… Bien entendu, toutes nos annonces sont mises en ligne sur notre site internet. Les établissement scolaires reçoivent également systématiquement nos offres de stages. Nous organisons des job dating lors de salons qu’ils soient agricoles, étudiants, dédiés à l’emploi… Toutes les pistes sont étudiées. Chaque CV est conservé deux ans… au cas où ! »

Se démarquer des autres recruteurs
Vivadour est aujourd’hui peu présent sur les réseaux sociaux. « Mais nous réfléchissons à mettre en place une utilisation appropriée de ces formidables outils, concède-t-elle. L’idée : se distinguer des autres recruteurs. Car pour beaucoup de postes, nous sommes en concurrence avec le secteur du BTP qui a retrouvé une certaine dynamique ces dernières années. Sans oublier le secteur agroalimentaire régional ».
D’ici cinq ans, Vivadour devra remplacer la centaine de salariés de plus de 56 ans qui partiront à la retraite. « Pour chaque recrutement, nous n’hésitons pas à mettre en avant nos atouts. Nos métiers ont du sens et notre département affiche un cadre de vie privilégié ». Avis aux candidats !

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