Réduction des usages de pesticides, le comité d’orientation stratégique et de suivi est lancé

Pas moins de quatre ministres unissent leurs forces pour confirmer, ce 10 avril 2019, l’intention du gouvernement de réduire les usages de produits phytosanitaires de moitié d’ici à 2025. Le communiqué co-signé par François de Rugy (Transition écologique), Didier Guillaume (Agriculture), Agnès Buzyn (Santé) et Frédérique Vidal (Recherche), indique également l’ambition de « sortir du glyphosate pour une majorité d’usages d’ici fin 2020 ». Le jour-même, était officiellement lancé le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du deuxième plan national de réduction des produits phytosanitaires, Écophyto II+.

Une « task force » engageant les acteurs publics et privés mobilisés autour de la réduction des usages de phytosanitaires vient renforcer ce COS. Le Préfet Pierre-Étienne Bisch, habitué aux missions liées à l’agriculture, en avait été nommé coordinateur interministériel dès décembre 2018.

Plusieurs échéances posées pour 2019

Le plan de route est en partie balisé. Le calendrier, pour 2019, est déjà bien rempli, avec dans l’ordre chronologique :
– Un premier comité de suivi des plans de filière réunira fin avril l’ensemble des interprofessions végétales, avec un ordre du jour pleinement consacré à la thématique pesticide.
– Une « enquête flash » auprès des agriculteurs est prévue d’ici à l’été, pour mieux connaître leurs pratiques de désherbage.
– Le 1er juillet marquera la publication, par le ministère de la Transition écologique, d’une base de données recensant l’achat et la vente des produits phytosanitaires à l’échelle des communes, tout en préservant l’anonymat des acheteurs.
– Un guide et une cartographie, nationale et régionale, des financements mobilisables pour faire évoluer les pratiques phytosanitaires doit voir le jour d’ici octobre 2019. Elles s’adresseront directement aux agriculteurs.

Glyphosate : des interdictions progressives

Sur le chapitre spécifique du glyphosate, l’engagement de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), et de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a été rappelé. Leur travail mené dans le but d’identifier les usages du glyphosate pour lesquels des alternatives efficaces existent, doit aboutir à des interdictions progressives. « Le dialogue avec les premières filières concernées débutera avant l’été 2019 », promet le communiqué. Le centre de ressources présentant aux agriculteurs des alternatives au glyphosate, opérationnel depuis février, est également cité.

Accélérer sur l’émergence d’alternatives

Enfin, le COS a abordé les différents moyens de faire émerger des solutions alternatives. L’appel à projet lié au programme prioritaire de recherche doté de 30 M€, annoncé l’été passé sera lancé en juin. D’ici là, une stratégie nationale de déploiement du biocontrôle inscrite dans la loi Égalim doit être mise en consultation. Une feuille de route pour développer des alternatives à l’usage du « cuivre » en viticulture, doit également être finalisée, mais aucune date n’est précisée.