Rencontre avec Gilles Ortunio, directeur marché céréales chez Euralis (64) – « Conjoncture difficile pour le maïs »

Le 26 novembre, à peine 30 % des 800000 tonnes de la collecte de maïs d'Euralis étaient récoltés. Du jamais vu ! Entre des coûts de séchage qui explosent, des rendements décevants, une qualité désormais auscultée de près et des prix de marché en baisse, l'inquiétude est palpable non seulement chez les agriculteurs mais aussi chez les responsables de la coopérative. Rencontre avec Gilles Ortunio, directeur marché céréales chez Euralis.  

En quoi la situation actuelle est-elle exceptionnelle pour le maïs ?
Même les plus anciens adhérents de la coopérative ne se souviennent pas d'une telle situation. Les chantiers de récolte n'avancent pas. A ce jour, à peine 30 % des parcelles de maïs sont récoltées : un peu plus dans la zone de Bordeaux et de Toulouse, un peu moins dans le Béarn. En cause, le climat des mois d'octobre et de novembre, fortement arrosés. La collecte a débuté il y a près d'un mois et demi. La facture en coût de séchage va peser très lourd : pour les agriculteurs qui récoltent à près de 30 % d'humidité mais aussi pour la coopérative car dans notre contrat, le prix du gaz augmente de 15 % à compter du 1er décembre.

La qualité des maïs est-elle mise à mal ?
Jusqu'à aujourd'hui, non. Mais la crainte de voir se développer des mycotoxines est réelle : nous réalisons des analyses à chaque arrivée de marchandises. Pour l'heure, aucun lot n'a été déclassé. Ce qui est sûr en revanche, ce sont les baisses de rendement, de 30 % en moyenne. Le retard dans les semis, en juin voire en juillet, a pénalisé le potentiel des cultures. Ajouter à cela une baisse des cours depuis plusieurs semaines et l'on comprend un peu mieux l'inquiétude de nos adhérents. Pour autant, la sole de maïs devrait se maintenir pour les prochains semis.

La collecte française réussit-elle quand même à se vendre ?
Dans un contexte de marché difficile où la concurrence de l'Ukraine, de la Roumanie et de la Hongrie est forte – tant en volume qu'en prix – , le maïs français séduit peu nos clients traditionnels que sont l'Espagne et les Pays-Bas. En revanche, l'écart actuel de prix entre la tonne de blé et celle de maïs (près de 30 €) est un atout pour le maïs : les fabricants d'aliments français se tournent plus volontiers vers cette céréale. Le débouché vers l'alimentation animale s'avère autant inattendu que le bienvenu.

 

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