SIA 2018 : deux innovations d'Arvalis pour optimiser les intrants

Arvalis-Institut du végétal a profité du Salon de l’agriculture pour présenter le 26 février deux innovations issues de ses travaux de recherche et développement (R&D). Moins de produits phytosanitaires, meilleure utilisation des intrants, « ces solutions répondent à des demandes sociétales », souligne Jean-Paul Bordes, directeur R&D d’Arvalis.

Fournir des résultats d’analyses de sol en temps réel

La première est un laboratoire d’analyse de terre portatif. Un capteur émet un rayonnement proche infra-rouge sur l’échantillon de sol et en déduit quasi instantanément la teneur en une dizaine d’éléments, dont celle en azote, en phosphore, en potasse et en magnésium. Les résultats sont visibles directement sur une tablette connectée au capteur. « Aujourd’hui, deux à trois semaines sont nécessaires pour obtenir les résultats d’analyses de sols réalisées traditionnellement par un laboratoire », explique Séverine Maudemain, chercheuse à Arvalis, responsable du projet à l’origine du laboratoire portatif. Pour l’instant, l’institut discute avec des partenaires économiques pour industrialiser le procédé. « On peut espérer une solution opérationnelle chez les agriculteurs d’ici à deux ou trois ans », indique Jean-Paul Bordes.

Des composés végétaux comme moyen de biocontrôle

La deuxième innovation mise en avant concerne les kairomones, des substances chimiques libérées par les végétaux et repérables par les insectes, même en faible quantité. L’idée est, comme le piégeage chimique, d’utiliser ces kairomones pour attirer les ravageurs dans des pièges. Les chercheurs d’Arvalis, en partenariat avec une équipe de l’Inra, ont travaillé sur des couples de plantes et de ravageurs. Des solutions ont été identifiées pour la pyrale du maïs ainsi que pour la bruche du pois. « Cette innovation permettrait de lutter contre la bruche à la floraison, alors qu’aujourd’hui nous nous trouvons dans une impasse technique », constate Jean-Paul Bordes. Pour l’instant, Arvalis n’a pas encore expérimenté les moyens de diffusion à l’échelle de la parcelle, mais l’institut espère parvenir, avec l’aide de partenaires industriels, à une solution de biocontrôle viable pour l’agriculteur d’ici à deux ou trois ans.oratoire portatif.